Ce 12 septembre marque le début d'une série de seize concerts que Céline Dion donnera à la Plenitude Arena de Paris La Défense, jusqu'au 17 octobre. Mais l'événement produit déjà ses effets bien au-delà de la scène : dans les salles de restaurant, les habitudes de réservation se transforment nettement, selon les données recueillies auprès des établissements partenaires du réseau.
Des Parisiens qui, pour une fois, anticipent
Premier constat : même les habitants les plus habitués à réserver au dernier moment s'organisent en avance pour l'occasion. À l'échelle de la ville, le délai moyen entre la réservation et la venue au restaurant augmente de 26 % les soirs de concert. Le phénomène est encore plus marqué dans le 16e arrondissement, pourtant coutumier des réservations tardives, où l'anticipation grimpe de 59 %.
C'est autour de la salle elle-même que l'impact se fait le plus sentir. Dans les communes de Nanterre, Puteaux et Courbevoie, les réservations bondissent de 57 % les soirs de concert par rapport à un vendredi ou un samedi ordinaire.
Des spectateurs venus de loin
L'événement attire aussi un public bien plus international que d’habitude. Les réservations effectuées avec un numéro de téléphone étranger représentent 25 % du total les soirs de spectacle, contre à peine 2,4 % un jour classique dans le secteur. Les hausses les plus fortes proviennent des visiteurs nord-américains, dont le nombre de réservations est multiplié par 38, et britanniques, multiplié par 52. Ce phénomène reste toutefois circonscrit aux abords immédiats de la salle : à l'échelle de Paris, la proportion de réservations internationales ne bouge quasiment pas.
Les horaires des réservations impactés
Les concerts débutant à 19h30, les habitudes de repas se réorganisent logiquement autour de cet horaire. Le créneau de 17h, qui ne représente en temps normal que 1,2 % des réservations, en concentre désormais 15,5 %. À l'autre bout de la soirée, les tables réservées à 22h passent de 5 % à 10,7 %. Le dîner classique de 19h-20h perd ainsi du terrain au profit de ces deux nouveaux pics de fréquentation, avant et après le spectacle.
La composition des tables évolue également. Les groupes de sept convives et plus, très courants dans ce quartier d'affaires, reculent de 34,6 % à 22,4 % des réservations. À l'inverse, les tables de cinq à six personnes progressent nettement, passant de 10,7 % à 18,2 %, soit une hausse relative proche de 70 %.
Le rooftop et la bistronomie, grands gagnants de la soirée
Autre surprise : ce ne sont pas les brasseries qui profitent le plus de cette affluence. Parmi les catégories d'établissements qui enregistrent les plus fortes hausses de réservations figurent les rooftops (+57 %), les restaurants bistronomiques (+98 %), les adresses italiennes (+86 %) et la cuisine française traditionnelle (+62 %).
Pour Flore Tyberghein, directrice marketing de Zenchef, l’arrivée de Céline Dion montre comment « un grand concert ne remplit pas seulement une salle : il redessine aussi la table d’un quartier ». Autour de la Plenitude Arena, les clients « réservent déjà plus tôt, viennent de beaucoup plus loin et déplacent leurs horaires de dîner ». Pour les restaurateurs, cette évolution permet d’anticiper les nouveaux flux afin de « mieux adapter leur service et leur offre », tout en restant concentrés sur « l’expérience qu’ils vont faire vivre à leurs clients ».