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Enseignement privé : la confiance des parents en baisse après l'affaire Bétharram

La médiatisation de l'affaire Bétharram affecte directement la confiance des parents dans l'enseignement privé et l'attractivité du métier de professeur, estiment la majorité des enseignants du privé selon un baromètre du principal syndicat du secteur publié vendredi.

Un sac d'école suspendu dans une classe, représentant l'enseignement privé en France.
Philippe LOPEZ - AFP/Archives

La médiatisation de l'affaire Bétharram affecte directement la confiance des parents dans l'enseignement privé et l'attractivité du métier de professeur, estiment la majorité des enseignants du privé selon un baromètre du principal syndicat du secteur publié vendredi.

"Les enseignants ont le sentiment que l'image de l'enseignement privé s'est profondément dégradée, mais qu'elle ne correspond pas tout à fait à la réalité qu'ils connaissent", a affirmé Valérie Ginet, secrétaire générale de la Fep-CFDT, lors de la présentation d'une enquête sur le moral des enseignants du privé.

Une image largement liée à ce qu'elle qualifie de "prisme Bétharram", c'est-à-dire à la forte médiatisation des scandales de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d'autres établissements privés.

Réalisée par l'institut de sondage Ifop auprès de 2.141 professeurs du secteur (questionnaire en ligne, du 20 mai au 22 juin 2026), l'étude révèle que 70% des répondants jugent négative l'image de l'enseignement privé véhiculée dans la société et les médias.

Près de trois quarts (73%) la considèrent caricaturale, tandis que 60% estiment qu'elle nuit à l'attractivité du métier. Plus d'un enseignant sur deux (52%) juge également qu'elle fragilise la confiance des familles envers le secteur. Enfin, pour 23% d'entre eux, elle ne correspond pas à la réalité du métier.

Le scandale Béthérram "a fait bouger les choses", salue toutefois la représentante syndicale.

En mars 2025, l'ex-ministre de l'Éducation Élisabeth Borne avait lancé un plan d'inspection de 40% des établissements privés sous contrat en deux ans. En mai, son successeur Édouard Geffray indiquait que 1.500 contrôles réalisés ou engagés avaient conduit à 442 mises en demeure et six signalements à la justice.

Plus généralement, cette enquête montre, selon Mme Ginet, que "les professeurs vont mal": 96% des répondants citent au moins un qualificatif négatif pour décrire leur situation professionnelle. Inquiétude (53%), lassitude (47%) et impuissance (44%) sont les plus fréquemment retenus.

Ils pointent la charge de travail (28%), une rémunération jugée insuffisante (26%) et le manque de soutien institutionnel (25%).

Dans ce contexte, 67% des enseignants interrogés déclarent envisager de quitter la profession: 24% affirment vouloir partir dès qu'une opportunité se présentera et 43% disent y penser pour l'avenir, sans projet immédiat.

Ce malaise n'est pas propre au privé. Fin août, le SE-Unsa, l'un des principaux syndicats de l'enseignement public, indiquait dans son baromètre que 71% des personnels ne se sentaient ni respectés ni reconnus dans l'exercice de leur métier.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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