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Accident rue de Tivoli à Marseille : "l’État est complètement absent"

Par Jean Baptiste Giraud

Un an après l'accident tragique rue de Tivoli à Marseille, les victimes sont toujours dans l'impasse et le gouvernement aux abonnés absents selon Clara Berroir, coprésidente de l'association Collectif Tivoli 9 avril.

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Le 8 avril 2023, rue de Tivoli à Marseille, une explosion a causé la mort de 8 personnes et obligé des centaines de personnes à être relogées. (Photo by Christophe SIMON / AFP)

À Marseille, rue de Tivoli, dans la nuit du 8 au 9 avril 2023, un immeuble s’est effondré après une explosion, faisant 8 morts et obligeant 200 familles à être relogées. Un an après, alors qu'une commémoration est prévue sur les lieux du drame, la situation des familles et des victimes n'a que très peu évolué.

 

"On déplore des situations très inégales mais problématiques à leur façon"

"Sur les quelques 300 foyers qui ont été délogés" lors de l’accident, "il y a une partie des personnes qui ont pu regagner leur logement", explique Clara Berroir, coprésidente du Collectif Tivoli 9 avril. "Malheureusement, aujourd’hui, il y a plus de 50 foyers qui sont encore soumis à des interdictions d’habitation de leur logement." Certains ont dû "se reloger eux-mêmes", déplore-t-elle, "faute qu’on ait pu leur proposer un logement dans les délais". Et certaines personnes sont encore à l’hôtel. "On déplore des situations très inégales mais problématiques à leur façon."

La situation, un an après le drame, reste compliquée à vivre pour certains résidents de la rue de Tivoli. "Certaines personnes sont suspendues aux négociations qu’on a entamées avec les compagnies d’assurance", explique la coprésidente du Collectif. Mais ces négociations sont "compliquées. "Ces compagnies refusent tout dialogue avec le collectif de victimes, nos avocats ou d’autres avocats de victimes." Les assureurs refusent "qu’il puisse y avoir un dialogue avec les personnes concernées".

 

Accident rue de Tivoli à Marseille : "On reste sur des effets d’annonces, principalement"

La demande de l’association est que se crée un dispositif dit "hors cadre" comme ce qui avait été décidé rue de Trévise à Paris "pour que les victimes puissent être indemnisées de tout ce qu’elles ont subi". En particulier, la question est la date d’indemnisation : la procédure hors cadre permettrait une indemnisation en amont de la fin de la procédure judiciaire. "Car c’est des procédures qui vont durer plusieurs années, qui vont être extrêmement longues." Clara Berroir explique que "vue la situation, on ne peut pas se permettre d’attendre 6-7 ans qu’il ait la désignation d’un responsable".

Outre les assureurs qui bloquent la procédure, le gouvernement reste muet. Malgré les demandes, aucune réponse n’a été apportée aux associations de victimes. "On a fait des demandes au gouvernement et à ce jour on n’a toujours pas de réponse." Et ce malgré des demandes effectuées en novembre 2023 et fin mars 2024. Le gouvernement risque même de ne pas être présent pour la commémoration des 1 an du drame selon Clara Berroir. "J’aimerais bien effectivement qu’il y ait un contact. Et que les différentes annonces de soutient qui avaient été faite l’année dernière soient effectivement suivies d’effet." "Au niveau national, c’est certain que l’État est complètement absent dans le cadre de notre affaire", affirme la coprésidente du Collectif Tivoli 9 avril. "On reste sur des effets d’annonces, principalement."

Quant à l’enquête, si elle avance, c’est "trop lentement". "C’est une temporalité qui n’est pas la nôtre en fait, pour tous les problèmes auxquels on fait face."

 

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