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Guerre en Iran : les prix explosent déjà pour les agriculteurs

Par La rédaction

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Entre la hausse des prix du gaz et du pétrole qui renchérit le coût de fabrication des engrais et la hausse du coût du fret maritime, les agriculteurs dénoncent une spéculation qui risque de les mettre encore un peu plus à genoux.

Une fois encore, les agriculteurs d'en payer le prix cher. La suspension du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite 30% du commerce mondial des engrais, pourrait en effet diminuer la disponibilité de ces produits. La France pourrait être indirectement impactée, puisque ses importations d’engrais dépendent de pays qui eux-mêmes dépendent de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Par ailleurs, l’Iran exporte chaque année 4 millions de tonnes d’urée, un engrais qui permet de fournir de l’azote aux plantes afin de favoriser leur croissance. Le prix de la tonne d'urée avait déjà augmenté mercredi, à 578 euros la tonne, contre 537 euros début février et 464 euros la tonne en octobre 2025.

Si la guerre en Iran a déjà un impact immédiat sur la trésorerie de beaucoup de chefs d’entreprise, ce sont les agriculteurs, déjà à genoux, qui risquent d'en subir encore plus les conséquences. Entre la hausse des prix du gaz et du pétrole qui renchérit le coût de fabrication des engrais, et la hausse du coût du fret maritime, les cours comme la spéculation vont flamber. Une situation dénoncée par Quentin Le Guillous, Secrétaire général des Jeunes Agriculteurs et agriculteur en Eure-et-Loir, au micro de Sud Radio.

Des prix fondés sur le baril du pétrole et le gaz

Blé, maïs, céréales… Des hausses sont aussi à craindre dans le monde agricole, notamment sur les engrais."C’est déjà en cours, constate Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs et agriculteur en Eure-et-Loir, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Aujourd’hui, pour avoir de l’engrais, ce que l’on appelle de la solution azotée, liquide, nous avons suffisamment de stock dans le port de Rouen. Jeudi, les prix étaient à 380 euros la tonne. Aujourd’hui, ils sont 150 euros plus chers que d’habitude, leur prix étant fondé sur celui du baril de pétrole et le prix du gaz."

"Nous nous sommes pris 45 euros en l’espace de quatre à cinq jours"

"Au moment du Covid, le pétrole était à peu près au même niveau, et l’on payait la tonne 220 euros. Lundi, il me fallait un camion d’engrais, on m’a répondu « on est fermé, on ne peut pas donner de prix ». Là, ils m’ont rappelé et on est aujourd’hui à 425 euros. Nous nous sommes pris 45 euros en l’espace de quatre à cinq jours, alors que l’engrais est le même et n’a pas bougé de Rouen."

"Aujourd’hui, ça spécule !"

"Aujourd’hui, ça spécule, résume Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs sur l'antenne de Sud Radio. On va dire que c’est l’offre et la demande, mais il faut quand même un minimum de bon sens. Les agriculteurs sont couverts à 70% de leurs besoins, je ne suis pas sûr qu’il y ait besoin de spéculer sur ce marché. Pour mes tracteurs, mes semis de betteraves et de maïs, je suis à la recherche de 5 000 litres de gasoil non routier. Et là, on m’annonce une hausse de 40% en cinq jours. Il est stocké à Gennevilliers aux portes de Paris, et c’est le même qu’il y a cinq jours."

"Mme Genevard, avec Bercy, a la possibilité de baisser les taxes sur tous les produits azotés"

"Il faut arrêter de nous prendre pour de bonnes poires. Le gouvernement veut encadrer tout cela. J’appelle la ministre à accélérer sur ce sujet, à détaxer. Le blé, le colza, le maïs n’ont pas vu leur prix augmenter. Rien ne bouge, mais tout ce qui est gaz et pétrole dont l’agriculture a besoin est en train de flamber. Mme Genevard, avec Bercy, a la possibilité de baisser les taxes sur tous les produits azotés. Après, on aura six mois avant la prochaine campagne."

Retrouvez "C'est à la une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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