Si vous envisagez d'acheter ou d'investir dans un bien immobilier, le moment pourrait être opportun. Certaines banques proposent des crédits à des taux assez intéressants, parfois en nette baisse, ce qui ravive l'intérêt des emprunteurs. Invitée du Petit Matin Sud Radio, notre experte en immobilier Bérénice Deville-Floriot fait le point sur la situation et décrypte les nouvelles tendances du marché.
"Les banques sont en retard sur leurs objectifs de crédit"
Comment expliquer la baisse des taux proposée par certaines banques ? "Fin février, la crise au Moyen-Orient a provoqué une forme d'attentisme chez les ménages français. Les professionnels ont alors une baisse des visites, moins d'appels, et de nombreux projets reportés. Beaucoup d'acheteurs se sont dit : ce n'est peut-être pas le bon moment pour se lancer", explique Bérénice Deville-Floriot, que l'on peut retrouver tous les samedis sur Sud Radio dans "Parlons Immo" de 12h à 13h.
Résultat : le ralentissement des visites en mars a entraîné une baisse des dossiers de crédit en avril. Puis, les ponts et jours fériés du mois de mai ont encore freiné l'activité. "Aujourd'hui, certaines banques se retrouvent en retard sur leurs objectifs de crédit. Pour le rattraper, elles deviennent plus offensives et acceptent de réduire leurs marges afin de faire davantage de volume", selon l'experte.
Une offre à 3,10% sur 20 ans
L'exemple le plus marquant est celui de la Société Générale, qui propose actuellement une offre à 3,10% sur 20 ans. "C'est assez rare, car il s'agit d'un taux unique accessible à tous les profils et à tous les niveaux de revenus" souligne Bérénice Deville-Floriot.
L'écart est loin d’être anecdotique. "En juin, un taux moyen sur 20 ans tourne plutôt autour de 3,50 %. Sur un emprunt de 300 000 euros sur 20 ans, cela représente environ 14 600 euros d'écart sur le coût total du crédit, 61 euros économisés chaque mois. Si vous avez un projet, il faut foncer."
Quelles prévisions pour les prochains mois ?
Si la tension internationale se prolonge, cela pourrait peser sur l'énergie. "Si l'inflation repart à la hausse, la Banque centrale européenne pourrait être amenée à durcir son discours, voire à relever ses taux directeurs. Cela entraînerait alors une hausse des taux immobiliers et des crédits immobiliers".
La prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) aura lieu les 10 et 11 juin prochains, un rendez-vous très attendu.