Alors que la loi d’urgence agricole, débattue ce lundi à l’Assemblée nationale puis le lendemain au Sénat, ravive les tensions autour des pesticides, un autre nom revient aux côtés de l’acétamipride : le flupyradifurone. Cet insecticide, utilisé pour lutter contre différents ravageurs des cultures, pourrait être de nouveau autorisé à titre dérogatoire pour certaines productions agricoles, notamment la betterave sucrière.
Un insecticide au mode d’action proche des néonicotinoïdes
Le flupyradifurone appartient à la famille des buténolides. S’il ne fait pas partie des néonicotinoïdes au sens strict, il agit de manière très similaire sur le système nerveux des insectes. C’est pourquoi il est souvent qualifié de « néonicotinoïde de nouvelle génération » ou de « néonicotinoïde caché ».
Pourquoi est-il controversé ?
Comme les néonicotinoïdes, le flupyradifurone est pointé du doigt pour ses effets potentiels sur les pollinisateurs. Plusieurs travaux scientifiques montrent qu’il peut affecter les abeilles et d’autres insectes utiles à la biodiversité, même si son niveau de toxicité fait encore l’objet de débats selon les conditions d’exposition et les études considérées.
Pourquoi la loi d’urgence agricole prévoit-elle son retour ?
Les défenseurs du texte estiment que les producteurs français sont désavantagés face à leurs concurrents européens, dans des pays où le flupyradifurone reste autorisé. La réintroduction envisagée serait ciblée et encadrée, avec des dérogations limitées à certaines filières confrontées à des impasses techniques, comme la betterave sucrière.
À l’inverse, les organisations environnementales et les représentants de la filière apicole dénoncent une mesure susceptible de fragiliser davantage les populations d’insectes pollinisateurs et la biodiversité.
Qu’est-ce que le flupyradifurone, cet autre pesticide au cœur de la loi d’urgence agricole ?
Par Alexandre Saint-Etienne
ECLAIRAGE SUD RADIO - Moins connu que l’acétamipride, le flupyradifurone fait lui aussi son retour dans le débat. Le projet de loi d’urgence agricole, qui revient à l’Assemblée nationale ce lundi puis au Sénat mardi, prévoit de réautoriser, sous conditions, cet insecticide interdit en France depuis plusieurs années. Mais de quoi s’agit-il exactement ?