Depuis la fin février et le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, la menace terroriste continue d'évoluer en Europe et inquiète les autorités européennes. Europol et Eurojust estiment même que cette menace terroriste s'est intensifiée sur le continent. Pour faire face à tout passage à l'acte, Bruxelles prévoit de renforcer les moyens dédiés à la lutte antiterroriste d'Europol et d'Eurojust, tandis que les experts appellent à une vigilance accrue de l'ensemble de la société.
Driss Aït-Youssef : "Les services de renseignement ont du mal à identifier des individus pas connus des services de renseignement"
Dans son dernier rapport sur la situation et les tendances du terrorisme, Europol souligne que les conflits internationaux, en particulier la guerre au Moyen-Orient, alimentent les phénomènes de radicalisation au sein de l'Union européenne. L'agence met également en avant l'impact croissant du numérique, qui favorise la diffusion rapide de contenus extrémistes, le recrutement de nouveaux sympathisants et l'émergence d'individus agissant seuls, souvent inconnus des services de renseignement. Cette évolution s'accompagne d'une fragmentation des réseaux terroristes, rendant leur détection plus complexe.
Djihadistes, mais aussi extrêmes droite et gauche
Selon Europol, les organisations djihadistes demeurent la principale menace, mais les mouvances d'extrême droite et d'extrême gauche conservent également une capacité de nuisance. L'agence observe un recours accru aux plateformes numériques et aux messageries chiffrées pour diffuser des contenus de propagande ou préparer des passages à l'acte. Cette situation a conduit les institutions européennes à renforcer leur coopération policière et judiciaire. Les États membres sont ainsi convenus d'accroître les prérogatives d'Europol et d'Eurojust afin d'améliorer le partage d'informations, les enquêtes transfrontalières et la lutte contre les réseaux criminels et terroristes.
"Un rajeunissement des profils"
Pour Driss Aït-Youssef, docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité, la menace djihadiste reste prépondérante. "La menace terroriste reste évidemment la menace la plus importante. Avec, d'une part, un rajeunissement des profils. Et, d'autre part, cette diffusion qui endoctrine et qui met un peu plus en difficulté les services de renseignement, qui ont du mal à identifier des individus pas connus des services de renseignement", a déclaré Driss Aït-Youssef au micro de Sud Radio.
"Une société de la résilience est la première barrière au jihadisme"
Alors, pour faire face à la menace terroriste, faut-il une société de la vigilance, comme l'avait dit Emmanuel Macron le 14 octobre 2019 ? "C'est pour moi l'une des grandes solutions", a répondu Driss Aït-Youssef à l'antenne de Sud Radio.
"Parce que je pense qu'on ne peut pas mettre tout sur les épaules de la puissance publique, du Parquet national antiterroriste et des services de renseignement. Un certain nombre d'attentats ont été déjoués. Pourquoi ? Parce qu'on avait des voisins plutôt vigilants sur la radicalisation express, qui ont remonté l'information au renseignement. Je rappelle que c'est le renseignement qui permet d'appréhender, qui permet de déjouer des attentats avant leur commission. Donc, cela nécessite une société de la résilience, une société de la vigilance. Et je pense que c'est la première barrière. Tous les services de renseignement ont dit que le risque zéro n'existe pas. Donc, je suis complètement d'accord sur le fait que c'est à la société de se prémunir d'abord et d'être extrêmement vigilante", a poursuivi Driss Aït-Youssef.
Retrouvez "Le fait du jour" chaque jour à 10 heures avec Maxime Lledo
Cliquez ici pour écouter "Le fait du jour"
Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !