La France disposait autrefois de l’un des réseaux ferroviaires les plus denses au monde. Mais des milliers de kilomètres de voies sont aujourd’hui fermés ou abandonnés. Alors pourquoi ne pas simplement y remettre des trains ? Entre le coût de remise en état des lignes et les contraintes de sécurité, l’équation est beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît. Qu'est-ce qui cloche ?
Remettre une ancienne voie ferrée en service coûte une fortune
Des milliers de kilomètres de voies ferrées sont encore visibles un peu partout en France. Les rails sont là, les anciennes gares aussi. Pourtant, remettre ces lignes en service ne peut pas se faire d’un claquement de doigts. Après plusieurs années, voire plusieurs décennies sans entretien, il peut coûter moins cher de refaire complètement une ligne que de tenter de la remettre en état. Et quand on sait que la rénovation d’un kilomètre de voie ferrée peut coûter des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros, la facture grimpe très rapidement.
Car il ne suffit pas de vérifier les rails et les traverses. Il faut aussi remettre en état les aiguillages, la signalisation et les différents équipements de sécurité. Il faut surtout traiter la question des passages à niveau, certains étant dépourvus de barrières. Cette accumulation de contraintes rend très difficile le retour de TER sur des lignes susceptibles de ne transporter que quelques dizaines de voyageurs par jour. La faillite de Railcoop, qui ambitionnait notamment de faire renaître la liaison ferroviaire entre Bordeaux et Lyon, a illustré la difficulté économique de ce type de projet.
Des petits « autotrains » électriques plutôt que des TER ?
La solution pourrait donc être de changer complètement de modèle. Plutôt que de remettre à neuf des centaines de kilomètres de voies pour y faire circuler des trains classiques, plusieurs projets travaillent sur de petits véhicules ferroviaires électriques, légers et autonomes. L’idée : des sortes de petits wagons capables de transporter une dizaine de personnes et roulant à une vitesse relativement faible, autour de 50 km/h. Leur faible poids pourrait permettre d’utiliser certaines anciennes voies avec des travaux beaucoup moins importants que ceux nécessaires au passage d’un TER.
Ces véhicules pourraient notamment être intéressants pour relier des villages et des petites villes à une gare importante, une préfecture ou un bassin d’emploi. Et c’est peut-être du côté des opérateurs privés et des start-up du transport que pourraient émerger les premières expérimentations. Avec des collectivités qui devront renouveler leurs vieux autocars diesel, des difficultés de recrutement de conducteurs et un pétrole cher, ces petits véhicules électriques autonomes pourraient devenir économiquement intéressants. Après des décennies de fermeture des petites lignes, une partie du réseau pourrait ainsi retrouver une utilité… avec des véhicules très différents des trains qui y circulaient autrefois.
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