single.php

Pourquoi le niveau scolaire en France dégringole depuis 50 ans

Par Elliott Léonard

ECLAIRAGE SUD RADIO - Le niveau moyen des élèves dans le monde est au plus bas, comme le confirme ce mardi l’enquête PISA 2025 de l’OCDE. S’il était possible d’espérer un léger sursaut de la France, c’est raté : le niveau est, tout comme la moyenne globale, en chute libre. Comment expliquer ce recul du savoir et que faire ? Explications.

Thomas SAMSON - AFP/Archives

Le niveau scolaire en France continue de chuter. Les résultats de l’enquête PISA de l’OCDE dévoilés ce mardi - qui servent de baromètre pour évaluer le niveau des élèves depuis 2000 - ont démontré que le niveau des étudiants français de 15 ans était inférieur à celui de 2022. L’enseignante et auteure de La Grande Garderie, Lisa Hirsig, donne son avis au micro de Sud Radio.

L’Asie encore une fois en pôle position

Depuis 2000, l’enquête PISA de l’OCDE permet de mesurer le niveau des élèves de 15 ans en sciences, en mathématiques et en lecture. Cette année, plus de 760 000 élèves de 91 pays ont été pris comme échantillon et les sciences étaient la matière dominante de cette édition. Encore une fois, l’Asie domine le classement global, avec notamment la Chine (Pékin, Shanghai…) en mathématiques et en sciences, et Singapour en compréhension de l’écrit. Macao, le Japon et la Corée du Sud figurent également dans le top. Cependant, l’OCDE dévoile que « la performance moyenne est la plus faible jamais observée ».

La France largement en dessous en maths

Alors, si le niveau global a diminué, qu’en est-il de la France ? Et bien, il y a une régression non négligeable, mais le rapport montre que les élèves français peu performants (niveau 2 et moins) sont légèrement au-dessus de la moyenne mondiale en mathématiques et en compréhension de l’écrit. En sciences, ils sont dans la moyenne, tout comme les élèves très performants (niveau 5 et plus). En revanche, en mathématiques, les étudiants ont un niveau quasiment divisé par deux par rapport au résultat moyen (5 points contre 8). Pour la compréhension de l’écrit, c’est aussi le cas : 5 points contre 6.

La formation des professeurs à revoir

Mais comment expliquer un tel recul ? En France, le « nombre d’heures consacré aux fondamentaux a très sensiblement baissé depuis une cinquantaine d’années », déplore Lisa Hirsig. Selon ses calculs, un élève moyen perd une année d’enseignement depuis les années 1970, seulement concernant l’école primaire.

Elle critique également la méthode d’apprentissage de la lecture : « il y a moins de 5 % des enseignants qui utilisent la méthode qui fonctionne le mieux, c’est-à-dire la méthode phonique stricte ». Elle n’oublie pas non plus la formation des professeurs, « qui est très orientée idéologiquement, très axée sur le développement durable, la lutte contre les inégalités entre les garçons et les filles, contre les stéréotypes de genre », selon elle.

Davantage « d'instruction que de rééducation idéologique » 

Alors que faire ? Quelles pourraient être les solutions ? Pour Lisa Hirsig, il faut un « bon d’éducation de 7 000 euros » qui permettrait aux parents de choisir l’école de leur enfant, comme « au Canada », explique-t-elle. Il y aurait donc une forme de concurrence et « s’il y en a, et que les gens ont le choix, ils choisiraient sans doute des écoles dans lesquelles l’enseignement est plus proche de l’instruction que de la rééducation idéologique », dévoile-t-elle.

L'info en continu
11H
10H
09H
08H
07H
06H
Revenir
au direct

À Suivre
/