Ce qui devait être une soirée festive s'est finalement transformé en polémique. Samedi soir, la prestation de Barbara Butch au festival Cabaret Frappé, à Grenoble, a été interrompue au bout de vingt minutes, après des incidents survenus devant la scène. En quelques heures, l'affaire a dépassé le cadre culturel pour devenir un sujet politique, ravivant les tensions autour du conflit israélo-palestinien en France.
Des bouteilles en verre et des projectiles lancés vers la scène
Barbara Butch se produisait samedi soir au festival Cabaret Frappé lorsqu'une partie du public a manifesté son opposition à sa présence. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes agitant des drapeaux palestiniens, sifflant et adressant des doigts d’honneurà l'artiste.
Selon la mairie de Grenoble, des bouteilles en verre et d'autres projectiles ont été lancés vers la scène. La municipalité affirme également que des installations électriques ont été dégradées. Face à ces incidents, elle a décidé d'interrompre le concert afin d'assurer la sécurité du public, des équipes techniques et de la DJ. Une plainte doit être déposée de la part de la mairie de Grenoble.
Son soutien à la loi "Yadan" au cœur des critiques
Si la DJ française est aujourd'hui au cœur de cette polémique, ce n'est pas pour sa musique. Plusieurs collectifs propalestiniens lui reprochent d'avoir signé une tribune de soutien à la proposition de la loi "Yadan", un texte présenté comme visant à renforcer la lutte contre les nouvelles formes d'antisémitisme.
Contestée, elle a finalement été retirée après une pétition ayant recueilli plus de 700 000 signatures. Barbara Butch a depuis reconnu regretter cette signature. "J'ai signé une tribune, je n'aurais pas dû le faire", confiait-elle en mai dernier.
✡️ Loi Yadan, une atteinte à la liberté d’expression ?
— Sud Radio (@SudRadio) April 16, 2026
🗣️ "Je ne vois en Caroline Yadan que du vent. Il s’agirait de lutter contre le racisme sous toutes ses formes. Non à des lois particulières, oui à des lois qui nous concernent tous" @SamuelBotton #LesVraiesVoix
☎️ 0 826 300… pic.twitter.com/jrhl3qert3
Une artiste déjà visée par le cyberharcèlement
Âgée de 45 ans, Barbara Butch est une DJ, militante féministe et figure de la scène LGBTQ+. Le grand public l'a découverte lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
À la suite de cette apparition, elle avait fait l'objet d'une importante campagne de cyberharcèlement mêlant insultes homophobes, grossophobes et antisémites. Depuis plusieurs mois, elle affirme également être visée en raison de sa confession juive et de ses prises de position.
Une affaire qui divise la classe politique
L'interruption du concert a rapidement suscité des réactions politiques. Invité de franceinfo ce lundi, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a estimé que Barbara Butch avait pris "une position politique" en soutenant la proposition de loi Yadan.
Selon lui, cela peut "générer une protestation, à partir du moment où cette protestation est pacifique". Il a toutefois précisé que "s'il y a eu des insultes, elles sont absolument inacceptables", rappelant que la DJ avait déjà été victime de cyberharcèlement.
À l'inverse, Gabriel Attal a dénoncé sur X "une attaque directe" et "de l'antisémitisme pur", estimant que Barbara Butch avait été empêchée de se produire "parce que juive. Seulement parce que juive".
L’antisémitisme de LFI est tout sauf résiduel.
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) July 20, 2026
À Grenoble, Barbara Butch, DJ et artiste reconnue, a été empêchée de jouer en plein concert.
Parce que juive.
Seulement parce que juive.
Jets de projectiles, jets de bouteilles en verre, intimidations, sabotage…
Un déchaînement de…