Un menu acheté, un menu offert ! L’opération ''Tous au Restaurant'' revient en force après sept ans d’absence. Relancée par TheFork du 1er au 14 juin, cette fête nationale de la restauration veut redonner aux Français l’envie de sortir malgré l’inflation et les difficultés économiques. Près de 1 000 restaurants, des établissements de quartier aux grandes tables étoilées, participeront à cette édition 2026. L’objectif, attirer une nouvelle clientèle et rendre la gastronomie plus accessible. Damien Rodière, Directeur général de TheFork (qui a racheté l’opération ''Tous au Resto'' en 2015), détaille les contours de l'édition 20926 au micro de Sud Radio.
La dernière édition de Tous au Restaurant remontait à 2019. Pourquoi l’opération n’a-t-elle pas eu lieu depuis ?
L’opération n’a pas été lancée par nous à l’origine, mais par Alain Ducasse en 2009. Le concept était assez simple, la France est quand même le pays de la gastronomie et de la restauration. Lors d’un voyage, notamment au Pérou, Alain Ducasse s’est rendu compte qu’il existait là-bas des festivals de gastronomie pour valoriser le patrimoine culturel et culinaire du pays. Il s’est alors dit qu’en France, il n’existait pas de grand moment national dédié à la restauration. On a la Fête du cinéma, mais rien autour de notre gastronomie. L’idée était donc de créer un moment dans l’année où tous les Français pourraient aller au restaurant. L’objectif était de démocratiser l’accès à toutes les tables de France, notamment pour les jeunes générations. Certaines personnes n’osent pas pousser la porte d’un restaurant gastronomique. L’opération permet justement de découvrir cet univers, d’y goûter et de donner envie de revenir. Le principe, c’est vraiment : « les meilleures tables de France accessibles à tous les Français ».
« Une opération lancée par Alain Ducasse en 2009 »
C’est donc comme ça qu’est né le concept « un menu acheté, un menu offert » ?
Exactement. À l’époque, ils se sont demandé quelle pouvait être la bonne promesse. L’idée, ce n’était pas seulement d’offrir un repas, mais surtout d’accueillir les gens. Le message, c’est « votre invité est notre invité ». Cette notion d’hospitalité est centrale. On accueille les clients chez nous pour leur faire vivre un moment exceptionnel, avec en plus un avantage économique grâce au principe du menu acheté, menu offert.
Pourquoi avoir choisi le mois de juin ?
Le marché reste compliqué, beaucoup de restaurants ferment, et il y avait besoin de redynamiser le secteur avec une opération forte. Nous avons aussi choisi le mois de juin parce qu’il se situe après les ponts de mai et avant la Coupe du monde de football, qui n’est généralement pas une période favorable pour les restaurateurs.
« Grâce à cette opération, les gens peuvent continuer à se faire plaisir tout en maîtrisant leur budget »
Avec l’augmentation du coût de la vie, sentez-vous aujourd’hui que les Français hésitent davantage à aller au restaurant ?
Oui, tout à fait. On voit que les consommateurs font davantage d’arbitrages. Les gens épargnent davantage parce que le contexte macroéconomique est incertain, il y a les conflits internationaux, l’inflation… Et quand les gens doivent réduire leurs dépenses, ce sont souvent les loisirs et les plaisirs qui passent en premier. Les sorties au restaurant en font partie. Avec ''Tous au Restaurant'', on veut leur dire : continuez à sortir au restaurant. Grâce à l’opération « un menu acheté, un menu offert », ils peuvent continuer à se faire plaisir tout en maîtrisant leur budget. On veut aussi rappeler que les restaurants sont des lieux essentiels de lien social. On a besoin, dans nos villes et nos villages, de lieux où l’on peut se retrouver, échanger et vivre des moments ensemble. Aujourd’hui, beaucoup de gens restent chez eux, devant leurs écrans. Là, on leur dit : sortez, rencontrez des gens, partagez des moments conviviaux.
Concrètement, quels sont les bénéfices de l’opération pour les restaurateurs ?
Le principal bénéfice, c’est l’arrivée d’une nouvelle clientèle. Nous avons ouvert les réservations mardi et déjà énormément de restaurants nous disent qu’ils ne s’attendaient pas à attirer autant de monde. Même de grands chefs nous demandent d’ajouter davantage de disponibilités parce que leurs réservations explosent. Donc oui, l’opération fonctionne très bien.
« On crée une habitude, une envie de retourner au restaurant »
C’était aussi important pour vous d’intégrer les petits restaurants et les établissements de quartier ?
Exactement. L’opération ne concerne pas uniquement les restaurants étoilés. Bien sûr, les grands chefs apportent de la visibilité. Quand des personnalités comme Thierry Marx, Hélène Darroze, participent, cela attire l’attention du public et donne de la notoriété à l’ensemble de l’opération. Mais cette visibilité bénéficie ensuite à tous les restaurants participants, y compris les plus petits établissements.
Selon vous, ''Tous au Restaurant'' peut-il changer durablement les habitudes des consommateurs ?
En tout cas, on fait tout pour, et l’expérience passée montre que oui. L’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de relancer l’opération, c’est que chaque année, des restaurateurs comme des consommateurs nous demandaient quand aurait lieu la prochaine édition afin de l’inscrire dans leur agenda. Cela signifie que l’opération est devenue un véritable rendez-vous pour les Français. On crée une habitude, une envie de retourner au restaurant. Et ça fonctionne.