Dans 8 jours, la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet) débute et, si elle réjouit tous les fans de football, ce n’est pas le cas pour le portefeuille des employeurs américains et européens. Au total, 14 milliards d’euros de pertes économiques sont en effet estimés, dont 645 millions en France, selon l’étude d’UKG (Ultimate Kronos Group). Explications.
Retards, absences et baisse de la productivité
Les États-Unis concentrent l’essentiel de la facture, avec 10,1 milliards d’euros de pertes estimées. L’Allemagne suit (1,15 milliard), puis le Royaume-Uni (783 millions) et la France.
Ces montants ne proviennent pas d’un ralentissement sectoriel, mais d’une érosion diffuse de la productivité : retards, absences partielles, baisse de concentration, présentéisme dégradé.
37 % des salariés prévoient d’adapter leurs horaires
L’étude d’UKG montre que 37 % des salariés prévoient d’adapter leurs horaires pendant le tournoi. Un quart d’entre eux manquerait une partie de sa journée de travail, et 22 % anticipent d’arriver fatigués, voire épuisés ou même en gueule de bois.
Ces comportements, anodins à l’échelle individuelle, deviennent significatifs lorsqu’ils concernent des millions de salariés. Ils génèrent des microdésorganisations qui, cumulées, pèsent sur la performance opérationnelle : baisse de la qualité de service, surcharge pour les équipes présentes, retards dans les chaînes de production ou de distribution.
Un management pris en étau
Selon l’étude d’UKG, les employeurs seraient bien plus enclins que leurs équipes à poser des congés durant la compétition — 44 % en France contre 21 % pour les non-cadres — et à anticiper des demandes d’aménagement d’horaires (46 % contre 28 %). En d’autres termes, ceux qui sont censés gérer les absences sont souvent les premiers à vouloir s’absenter.
Autre signal d’alerte : 26 % des salariés français reconnaissent d’ores et déjà prévoir de tester les limites de leur manager, que ce soit en regardant des matchs en cachette ou en consultant des résumés en streaming pendant leurs heures de travail.
L’étude révèle également qu’un salarié sur cinq en France déclare envisager de chercher un nouvel emploi si son planning nuit à son expérience du tournoi.
Un casse-tête de 39 jours à anticiper
La Coupe du monde 2026 s’étend sur 39 jours, du 11 juin au 19 juillet. Une durée inhabituellement longue, qui complique la planification des effectifs : si certains matchs sont programmés à l’avance, la progression des équipes reste imprévisible jusqu’au bout.
Les entreprises dont les équipes nationales avanceront dans la compétition s’exposeront à des perturbations croissantes et successives, difficiles à anticiper dès aujourd’hui. Pour Suresh Vittal, directeur produits chez UKG : « Les employeurs n’ont pas besoin de sacrifier la productivité au profit de la flexibilité. Ils doivent faire preuve de rigueur pour planifier à l’avance, d’agilité pour s’adapter à l’évolution de la situation et de la capacité d’exécution nécessaire pour transformer la pression en performance. »