Travailler plus longtemps? Impossible pour ces seniors au chômage

Un panneau pôle emploi à Montpellier
Un panneau pôle emploi à Montpellier - PASCAL GUYOT / AFP

C'est une vieille rengaine qui fait son retour, sous forme d'indiscrétion avant la prise de parole présidentielle: l'idée de travailler plus longtemps serait en marche. Débat remis au goût du jour, notamment par des députés de l'aile droite de LREM. Travailler davantage, une nécessité pour répondre à l'allongement de l'espérance de vie, malgré un taux de chômage avoisinant les 9%? L'injonction passe mal auprès des seniors qui cherchent en vain du travail. Des plus de 55 ans pour qui les portes du marché du travail sont de plus en plus difficiles à ouvrir.

Reportage de Benjamin Glaise

Au chômage depuis 2011, Maryline, 57 ans, ne compte plus les CV envoyés. "J'en ai peut-être envoyé une centaine. J'ai des entretiens, ça ne marche pas", se désole t-elle.

"On ne recrute que les moins de 45 ans"

Son âge est un rempart pour trouver un travail, et on le lui a déjà clairement fait savoir: "Une fois, j'ai eu un entretien téléphonique. Quand j'ai dit mon âge à la fin, on m'a répondu qu'on ne recrutait que les moins de 45 ans".

"Des patates et des pâtes"

Marylin survit actuellement avec l'allocation de solidarité spécifique, 510 euros par mois. "C'est pas évident. On a un loyer à payer. Je fais attention, je sors moins, on mange souvent des patates et des pâtes". Après huit ans passée au chômage, Marylin a enfin décroché une formation, mais elle se sent abandonné par les pouvoirs publics. "Certains disent que les chômeurs sont des fainéants. Mais on cherche, on envoie des lettres, on fait des formations. Le gouvernement ne fait rien pour les plus de 50 ans. Il n'y a rien, on se sent inutiles"
 

"Une catastrophe pour ceux qui n'ont pas de famille"

Le cas de Marylin est malheureusement loin d'être isolé. Pour Jérôme Laverny, directeur général des "Mission Emploi", il y a urgence à agir, "à une échéance de cinq, dix, ou quinze ans. Sinon, on aura deux catégories de personnes: ceux qui auront de la famille pouvant les soutenir, et ceux qui n'en auront pas. Et pour ces derniers, ça va être une catastrophe". En 2018, près de deux tiers des seniors au chômage étaient des chômeurs longue durée.

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