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Absentéisme au travail : la France championne d'Europe

Par Jean Baptiste Giraud

L'absentéisme au travail ne cesse de progresser en France. Un phénomène qui s'est accéléré depuis la crise du Covid.

Près d’un salarié sur deux a manqué au moins trois jours de travail en 2022, selon une étude du cabinet de conseil en RH Mercer. Un chiffre en augmentation. Pourquoi ces absences, et quelles conséquences ?

Deux fois plus d'absentéisme dans le secteur public

"Depuis dix ans, l’absentéisme au travail en France se dégrade, constate Laurent Capelletti, économiste, professeur au CNAM. Cela est allé s’accélérant depuis la crise du Covid. En fait, nous sommes les champions d’Europe de l’absentéisme au travail." Cela concerne-t-il tous les postes et tous les âges ? "Jusqu’à la crise du Covid, cela concernait surtout les populations non cadres, plutôt au-delà de 50 à 55 ans. Désormais cela concerne tout le monde et tous les secteurs."

"Cela concerne un peu moins le secteur privé. Nous sommes sur 4% d’absentéisme, contre autour de 7 à 8% pour le secteur public" En quoi la crise du Covid a-t-elle eu un impact ? "Cela a été un accélérateur. Quand on observe la cause de l’absentéisme au travail, ce n’est bien sûr pas que les Français seraient plus malades que leurs confrères européens. Ce n’est pas non plus dû à une oisiveté plus répandue."

 

 

Un coût de 4.000 euros par personne et par an

"Cela est dû à deux causes, résume Laurent Capelletti, économiste, professeur au CNAM. La première est structurelle, systémique : une dégradation du rapport au travail dont on commence à parler beaucoup. Elle s’est accélérée avec la crise du Covid. Il y a eu une prise de conscience, en fait, que l’insatisfaction au travail était plus grande." À cela s’ajoute une cause managériale : "par rapport à cette évolution, le management est globalement inadapté. Il reste trop taylorien, fondé sur l’obéissance et la procédure, moins sur le dialogue et la négociation."

Comment parvenir à réduire l’absentéisme ? "La première chose est de chiffrer le coût en termes de non travail. On arrive à 4.000 euros par personne et par an. C’est monumental. Au niveau national, cela représente 100 milliards d’euros de perte de valeur ajoutée, de l’ordre de 3% de PIB par an. Valoriser le coût est une question d’intérêt général. Il y a des initiatives à prendre pour en faire une question d’intérêt général."

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