Attendue depuis plus de deux ans, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) a été publiée mercredi par les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé. Le texte recommande une « limitation » de la consommation de viande et de charcuterie, et appelle à réduire la part de viande importée. Sans aller jusqu’à parler de réduction, elle appelle explicitement à « réduire la consommation de viande importée ».
Plus de fruits et légumes, moins de viande
La Snanc fixe un cap à l’horizon 2030 : accompagner « une évolution progressive vers des régimes alimentaires conformes aux repères du Programme national nutrition santé (PNNS) ». Concrètement, le texte encourage une hausse de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes, une consommation « suffisante et limitée » de poisson et de produits laitiers, ainsi qu’une limitation de la viande et de la charcuterie.
61% de l'empreinte carbone issue des produits d'origine animale
L’alimentation représente près d’un quart de l’empreinte carbone des Français, dont 61 % proviennent des produits d’origine animale, selon la Snanc. Elle prévoit notamment le déploiement d’un affichage environnemental volontaire et encadré pour les produits alimentaires, la lutte contre le greenwashing et une réduction de 50 % du gaspillage alimentaire des ménages d’ici 2030, en simplifiant notamment l’information sur les dates de péremption.
Une consommation déjà en baisse
Pour les professionnels du secteur, la stratégie gouvernementale envoie un signal mitigé. La volonté affichée de réduire la consommation de viande importée est perçue comme un appui aux filières françaises, régulièrement confrontées à la concurrence de produits étrangers à bas coût.
Véronique Langlais, présidente du syndicat des bouchers de Paris, insiste sur un autre enjeu : le pouvoir d’achat. « Aujourd’hui, mon sujet c’est que tout le monde ait aussi accès à ce produit qui est devenu un produit très cher depuis quelques années », explique-t-elle. « Le client vient chez son artisan pour se faire plaisir avant tout, on n’a plus de consommation de viande comme on avait auparavant où on était sur des consommations quotidiennes midi et soir ».
Selon elle, la viande est donc déjà désormais consommée plus ponctuellement. « Maintenant, on est sur des consommations qui sont plutôt sur deux-trois jours par semaine grand maximum et le consommateur demande des produits issus de nos élevages français. »