Benjamin Netanyahou est en tête mais les résultats des élections législatives israéliennes sont encore incertains. Alors que le dépouillement se poursuit, le Premier ministre et son principal rival, Gadi Eisenkot, revendiquent tous deux la capacité de former le prochain gouvernement. Mais aucun des deux camps ne parvient à obtenir une majorité absolue à la Knesset, le Parlement israélien.
Après le dépouillement de 71% des bulletins, le bloc de Netanyahou sortant et ses alliés seraient crédités de 54 sièges, contre 47 pour l’opposition. Les partis arabes pourraient, eux, obtenir 19 sièges. Un rapport de force qui reste susceptible d’évoluer au fil du dépouillement.
De nouvelles élections en cas de désaccord ?
En l’absence de majorité claire, il pourrait continuer à assurer l’intérim pendant les négociations. Une situation qui pourrait se prolonger plusieurs semaines, voire conduire à de nouvelles élections si aucun accord n'est trouvé.
De son côté, Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et dirigeant du parti centriste Yashar, estime que le scrutin traduit un rejet du Premier ministre. « Le peuple israélien a voté contre le mandat de Netanyahu en tant que Premier ministre d’Israël », a-t-il déclaré devant ses partisans à Tel-Aviv.
Les partis arabes pourraient jouer un rôle décisif
À noter la progression des partis arabes dans ces élections. La minorité arabe représente environ un cinquième de la population israélienne et sa mobilisation a été particulièrement importante lors du scrutin, avec un taux de participation inédit.
Les partis arabes, opposés à Benjamin Netanyahu et à ses alliés d’extrême droite, pourraient devenir des acteurs majeurs des négociations. Mais leur participation à une coalition reste incertaine. Gadi Eisenkot s’est montré réservé sur la possibilité de s’allier avec eux, tandis que son allié Avigdor Lieberman exclut catégoriquement cette hypothèse. Les partis religieux ultranationalistes dirigés par Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich devraient, de leur côté, obtenir environ 13 sièges.
Une participation record depuis 1988
Selon la commission électorale, la participation a atteint 77,7%, soit environ sept points de plus qu’aux élections législatives de 2022. Il s’agit du taux de participation le plus haut depuis 1988. Le scrutin avait valeur de référendum sur le maintien de Benjamin Netanyahu au pouvoir, vivement critiqué pour n’avoir pas empêché les attaques du 7 octobre et pour la politique menée par sa coalition.
La commission électorale centrale a annoncé que les résultats définitifs ne seraient connus que jeudi. D’ici là, les négociations politiques devraient s’intensifier pour tenter de former une majorité et désigner le prochain gouvernement israélien.