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Arnaque au faux conseiller bancaire : une décision de justice change la donne pour les victimes

Par Aurélie Giraud

Un faux conseiller bancaire vous appelle, connaît vos informations personnelles et vous pousse à valider des opérations frauduleuses. Une décision européenne du 15 octobre 2026 renforce les droits des victimes face aux banques qui refusent de les rembourser.

Les faux conseillers bancaires utilisent l’urgence pour pousser leurs victimes à valider des opérations frauduleuses.

Un appel de votre banque, une opération suspecte sur votre compte et un conseiller qui vous presse d’agir. En réalité, c’est un escroc qui cherche à voler votre argent. L’arnaque au faux conseiller bancaire aurait déjà fait un million de victimes en France. Mais une récente décision de justice européenne pourrait faciliter leur remboursement. Qu’est-ce qui cloche ?

Un faux conseiller bancaire qui connaît tout de vous

Le scénario est particulièrement bien rodé. Vous recevez un appel d’une personne qui se présente comme un conseiller du service de sécurité ou de cyberdéfense de votre banque. Elle connaît votre nom, votre adresse et parfois même votre numéro de compte. Elle vous parle d’une opération suspecte, souvent un petit paiement de 99 centimes effectué la veille pour récupérer un colis. Ce paiement était en réalité la première étape de l’escroquerie. Le faux conseiller vous annonce ensuite qu’un virement frauduleux est en cours et qu’il faut agir immédiatement pour protéger votre argent.

Son arme principale, c’est l’urgence. Il vous demande de valider rapidement des opérations sur votre application bancaire, prétendument pour bloquer les pirates. Sauf que le pirate, c’est lui ! Et les validations qu’il vous réclame peuvent justement lui permettre de vider votre compte. Pour rendre son appel encore plus crédible, il utilise une technique appelée « spoofing », qui consiste à usurper un numéro de téléphone. Si votre appareil reconnaît ce numéro comme celui de votre banque, il peut même afficher son nom à l’écran. Malgré le renforcement des contrôles des opérateurs téléphoniques depuis 2024, les escrocs continuent d’adapter leurs méthodes. Selon des chiffres rapportés par Le Parisien, un million de personnes auraient été victimes de cette escroquerie en France depuis 2020. Et même les personnes habituées à l’informatique peuvent tomber dans le piège.

Une décision européenne qui change les règles du remboursement

Jusqu’à présent, les victimes de cette arnaque se heurtaient fréquemment au refus de leur banque de les rembourser. L’argument était souvent le même : le client avait lui-même validé les opérations ou communiqué des informations confidentielles, ce qui pouvait constituer une négligence grave. Mais le 15 octobre 2026, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu une décision majeure. Désormais, lorsqu’une opération bancaire a été effectuée sans l’autorisation du client, la banque doit en principe procéder à son remboursement immédiat, même si elle estime que celui-ci a commis une négligence grave. Cette obligation ne signifie toutefois pas que le remboursement est nécessairement définitif : la banque peut ensuite réclamer les sommes si elle démontre une négligence grave. Il faut également distinguer les opérations réellement non autorisées des virements que la victime a elle-même ordonnés sous l’effet d’une manipulation, dont le remboursement peut être plus complexe.

Pour les victimes, cette décision constitue néanmoins une avancée importante. En cas de fraude, il faut immédiatement prévenir sa banque et contester les opérations concernées. Si l’établissement refuse le remboursement, il est possible d’adresser une réclamation écrite à la direction de l’agence, puis de saisir le médiateur bancaire si le désaccord persiste. Et surtout, ne pas abandonner au premier refus.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

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