singlesud.php

Dermatologues : des mois pour un grain de beauté, quelques jours pour du Botox ?

Par Aurélie Giraud

Quatre mois et demi d’attente en moyenne pour consulter un dermatologue, parfois un an ou davantage. Pourtant, des créneaux restent disponibles pour des soins esthétiques. Une situation qui interroge, même si la pénurie de spécialistes demeure le principal problème.

observatoire fiducial métier médecins généralistes
Les délais pour consulter un dermatologue peuvent dépasser un an dans certaines régions.

Obtenir un rendez-vous chez un dermatologue relève parfois du parcours du combattant. Pourtant, certains cabinets proposent des consultations esthétiques beaucoup plus rapidement que des consultations médicales. Comment expliquer cette différence, alors que le dépistage d’un cancer de la peau peut être en jeu ? Qu’est-ce qui cloche ?

Des délais interminables pour consulter un dermatologue

Quatre mois et demi ! C’est le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un dermatologue en France, selon le dernier baromètre de la Fédération hospitalière de France. Et puisqu’il s’agit d’une moyenne, la situation est parfois bien pire : dans certaines régions, les patients doivent patienter un an, voire davantage, avant de pouvoir consulter. Une attente particulièrement préoccupante lorsqu’il s’agit de faire examiner un grain de beauté suspect ou de diagnostiquer une maladie de peau.

Paradoxalement, il peut être beaucoup plus facile d’obtenir un rendez-vous pour une injection de Botox ou un autre soin esthétique. Une enquête récente de l’UFC-Que Choisir a mis en évidence cette différence d’accès aux consultations. De quoi susciter une question : certains dermatologues privilégient-ils les actes esthétiques, généralement plus rémunérateurs, au détriment des consultations médicales ?

Une pénurie de spécialistes, mais des solutions pour les patients

Attention toutefois à ne pas pointer du doigt l’ensemble de la profession. Selon une enquête réalisée par le syndicat des dermatologues, deux praticiens sur trois consacrent moins de 10% de leur activité à l’esthétique. Et un tiers n’en pratiquent même pas du tout. Le problème est donc avant tout celui du manque de dermatologues en France. Les créneaux de consultation médicale sont pris d’assaut dès leur mise en ligne, tandis que des rendez-vous réservés aux soins esthétiques peuvent rester disponibles. Cette différence de disponibilité ne signifie donc pas que tous les dermatologues préfèrent traiter les rides plutôt que les maladies de peau.

Alors, comment faire lorsqu’on découvre un grain de beauté inquiétant ? Premier réflexe : consulter son médecin généraliste sans attendre plusieurs mois. Il pourra examiner la lésion et, s’il la juge suspecte, orienter son patient vers un dermatologue. Il peut également solliciter l’avis d’un spécialiste à distance, notamment en lui transmettant des photographies : c’est la téléexpertise. Autre possibilité, pour les patients qui ont déjà réservé une consultation sur Doctolib : activer l’option « Prendre rendez-vous plus tôt ». Ils recevront une alerte si un créneau se libère. Mais mieux vaut être réactif : plusieurs personnes peuvent recevoir la même notification et le rendez-vous revient à la première qui le réserve. Parfois, tout se joue en quelques minutes. Car derrière ces difficultés d’accès aux soins se trouve un véritable enjeu de santé publique : ne pas passer à côté d’un cancer de la peau, dont les chances de guérison sont d’autant meilleures qu’il est détecté tôt.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

Cliquez ici pour écouter “Qu’est-ce qui cloche ?”

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
08H
06H
02H
23H
21H
Revenir
au direct

À Suivre
/