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Abus sexuel durant l’enfance : comment surmonter ce traumatisme ?

Par Esther Borde

GROS PLAN SUD RADIO - Les abus sexuels subis pendant l'enfance perturbent profondément la
construction de soi, l'estime personnelle, et le rapport à la sexualité. Sur Sud Radio, Brigitte Lahaie et Gaël Lacheray, auteur d’un ouvrage dédié, livrent les clés pour surmonter ce traumatisme.

« J’ai découvert seulement à l’âge de quarante ans que j’avais été abusé », confie d’emblée Gaël
Lacheray, auteur de l’ouvrage De l’abus à l’alliance - Pour une réconciliation du Féminin et du Masculin.
Il existe ainsi deux cas de figure : les abus conscients et les abus non conscients. Pour se protéger, le
cerveau met parfois en place une amnésie post-traumatique, qui fait remonter le souvenir à la surface à
un moment donné plus ou moins avancé dans la vie.

Pour faire comprendre ce mécanisme de non-conscience, Gaël Lacheray utilise la métaphore suivante :
“On trouve étrange que des cambrioleurs passent par notre porte alors que ce n’est pas le cas chez les
voisins ; mais c’est tout simplement parce que les fondations de notre maison ne sont pas solides ou
bien construites.”

« La part d’ombre chez l’enfant attire le prédateur »

Pourquoi certains enfants sont-ils davantage la proie des prédateurs que d’autres ? “Les agresseurs sont attirés par la zone d’ombre que les enfants portent en eux”, explique Gaël Lacheray, dans son manuscrit Les 4 lois de l’abus, pour lequel il recherche un éditeur. Brigitte Lahaie invite toutefois à la vigilance face à cette approche : “Cela ne veut absolument pas dire que l’enfant est mauvais mais plutôt qu’il présente une défaillance, dont il n’est aucunement responsable”.

Alors d’où vient cette défaillance considérée comme “une porte laissée ouverte” ? Nous venons au
monde avec, emmagasinés en nous, la généalogie, le lien transgénérationnel, les dettes karmiques ou
encore les secrets de famille, qui impactent directement notre vie sur Terre, ce que nous allons vivre et
ce dont nous allons devoir nous libérer. “Chez les personnes que j’accompagne et qui ont été abusées, je retrouve systématiquement une trace dans la famille, quelque chose qui n’a pas été réglé”, assure Gaël Lacheray, auteur d’ouvrages sur le sujet.

« L’enfant n’a pas pu être sécurisé »

Pour Brigitte Lahaie (tous les jours de 14h à 16h), cette trace non résolue correspond “à des mères
victimes d’abus sexuels, dont elles ne se sont pas libérées et qui par conséquent n’ont pas pu sécuriser
leur enfant”. De ce fait, le schéma se répète de génération en génération et “le dernier enfant abusé est là pour guérir définitivement la famille et notamment sécuriser ses propres enfants.”

L’enfant victime d’abus doit ainsi conscientiser ce qui lui est arrivé et comprendre pourquoi afin de
connaître une véritable libération. Un processus qui lui permettra de changer d’état d’esprit, et d’adopter la philosophie décrite par Gaël Lacheray : « Non la vie ne t’en veut pas, la vie te propose un défi particulier et à partir du moment où il est identifié tu as le pouvoir personnel de le résoudre, c’est un
challenge.”

À l’inverse, si le traumatisme reste enfoui et qu'aucune aide n’est apportée, “la personne abusée peut
tomber malade car ce sera la seule solution que son inconscient aura trouvée pour lui envoyer des
messages”, prévient l’animatrice de Sud Radio. Et si cette dernière n’est pas en mesure de les recevoir,
“cela peut aller jusqu’à la mort physique ou le suicide” concluent brigitte Lahaie et Gaël Lacheray.

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