Alors que la FAGE, l'Union étudiante, l'UNEF et l'Union syndicale lycéenne veulent poursuivre la mobilisation, Sébastien Lecornu a convoqué hier ces différents syndicats et annoncé des mesures pour répondre à la crise lycéenne. Mais un syndicat manquait à l'appel : l'Union nationale interuniversitaire (UNI). Son délégué national, Rubens Strachan, a déclaré sur Sud Radio en avoir été « très surpris ».
« Faut-il bloquer sa fac, bloquer son lycée, dégrader, casser pour être invité au ministère ?»
Il rappelle que son organisation est, selon lui, la troisième organisation étudiante de France en termes de représentation. Il souligne aussi que le syndicat est habituellement associé aux réunions du ministère de l'Enseignement supérieur, que ce soit sur l'université ou parfois sur les questions lycéennes, puisqu'il siège au Conseil supérieur de l'éducation. « Là, ça n'a pas été le cas », regrette-t-il.
Cette exclusion l'amène à une question : faut-il « bloquer sa fac, bloquer son lycée, dégrader, casser pour être invité au ministère » ? Le délégué national assure que son syndicat s'oppose à ces méthodes. Il affirme défendre ses propositions « dans le cadre qui existe », dans le respect des établissements et de la liberté d'étudier, sans chercher à entraver les étudiants qui veulent aller en cours.
« Les bons élèves sont mis de côté »
Interrogé sur le sentiment que les « bons élèves » seraient laissés de côté, Rubens Strachan l’affirme et va plus loin. Il évoque la majorité des « lycéens et étudiants qui veulent de bonnes conditions pour étudier sont opposés à toutes les méthodes de l'extrême gauche ».
Ces derniers auraient également « des idées pour améliorer leur lycée et leur université, mais ne vont pas participer à des blocages » et « ne se retrouvent pas du tout dans les organisations qui ont été invitées » par Sébastien Lecornu.
Des influenceurs invités sans « aucune légitimité »
Autre sujet de surprise pour le délégué de l'UNI : l'invitation d'influenceurs, après la réunion avec les lycéens. Il estime qu'ils n'ont « absolument aucune légitimité » pour représenter les mobilisations et les jeunes dans la rue. Il y voit « sûrement un coup de communication du gouvernement », qui chercherait à rallier « deux ou trois influenceurs » en leur faisant des propositions.
Rubens Strachan critique aussi le fond des annonces faites par Sébastien Leocrnu. Il juge qu'elles « vont à l'encontre du bon sens » et s'oppose à l'ouverture de nouvelles places à l'université. Il plaide au contraire pour un retour à « une excellence universitaire », ce qui impliquerait d'en supprimer. Pour lui, ces mesures sont « en réalité des concessions à l'extrême gauche ».