À 3 jours d'une nouvelle journée de mobilisation le 31 octobre 2026, la tension reste palpable sur le terrain. À Marseille, des casseurs viennent faire des repérages à visage découvert. Parmi les profils ? Des jeunes adultes, parfois même, des mineurs d’à peine 14 ans.
"Ils disent qu'ils vont venir casser le magasin"
Et ce sont bien quatre jeunes qui font la crainte de cette commerçante au micro de Sud Radio. Les casseurs « au repos », sont rentrés par la porte, comme de simples clients. Non pas pour faire du repérage avant les soldes, mais « ils nous ont dit ‘bon ben on revient samedi’, en rigolant. ‘À samedi, vous êtes les prochains’ ».
Sa vitrine, remplie de vêtements de marque, est l'une des seules dans cette rue des beaux quartiers, à n’être protégée que par de simples panneaux en bois. « Il y a énormément de magasins fermés, donc ils sont en repérage clairement. Ils passent en trottinette, en vélo et ils disent qu'ils vont venir casser le magasin. »
"On ne sait pas si c'est un client ou quelqu'un qui repère ce qu'on a"
Un climat anxiogène que Marie-Pierre Cartier, présidente de l'association Commerce Positif, constate. « Des coups de fil sont donnés : on ne sait pas si c'est un client ou quelqu'un qui repère ce qu'on a. » La Française, comme nombre de ses collègues, n’arrive plus à dormir, fixe ses caméras de surveillance même à 3h du matin « pour voir si rien ne se passe. C'est vraiment un traumatisme. »
🔴 DOCUMENT SUD RADIO 🗣️ « On est inquiets pour la sécurité des équipes » ➡️ Sammy ouvrira bien demain son commerce de chaussures à Paris, mais baissera le rideau à la moindre tension https://t.co/ojOcq4oME6
— Sud Radio (@SudRadio) October 23, 2026
Plus de 1700 annonces suspectes
Seule requête mais pas des moindres : les commerçants demandent « de se sentir confiants et en sécurité, même pour les gens qui viennent en ville. » Refaire tout son stock ou laisser le minimum de marchandises ? Beaucoup de commerçants posent encore la question au vu de l’imminence de cette nouvelle journée de mobilisation.
Des pilleurs qui affirment sans retenue vouloir tirer parti du mouvement pour revendre des produits neufs dérobés, sur Internet. Le ministre des PME Serge Papin annonce que plus de 1700 annonces en ligne suspectes, ont été supprimées des plateformes de revente.
Dans ce contexte, le Sénat a approuvé le projet de loi casseur-payeur après les débordements du 17 octobre. Un texte durci avec de nouvelles mesures sur le maintien de l'ordre. La gauche, elle, dénonce des atteintes à la liberté de manifester.