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Législatives en Israël : pourquoi Netanyahou risque très gros en cas de défaite

DECRYPTAGE SUD RADIO - Alors que les Israéliens votent ce mardi, le Premier ministre sortant est confronté à plusieurs affaires judiciaires. Jamais condamné, il est jugé depuis 2020 pour corruption, fraude et abus de confiance. Une défaite électorale pourrait alors le priver des leviers politiques qu’il utilise pour retarder son procès.

Benjamin Netanyahu aurait eu connaissance des préparations d'attaques le 7 octobre 2023, dénoncent des voix opposantes, internes aux pays.
Benjamin Netanyahu aurait eu connaissance des préparations d'attaques le 7 octobre 2023, dénoncent des voix opposantes, internes aux pays. AFP

Netanyahou est le premier chef de gouvernement israélien en exercice à être jugé au pénal. Après 98 audiences réparties sur dix-huit mois, il a achevé sa déposition en juin dernier, dénonçant des poursuites politiques. Son avocat estime que le procès pourrait se prolonger jusqu'en septembre 2028. Une défaite électorale dans les élections législatives qui ont débuté ce mardi ne suspendrait pas la procédure, mais le Premier ministre perdrait l'argument de ses responsabilités gouvernementales pour demander des reports d'audience. En 2020, la Cour suprême avait estimé que son inculpation ne l'obligeait pas à quitter ses fonctions.

Trois dossiers, une accusation de corruption

Le procès repose sur trois affaires. Dans deux dossiers, Netanyahou est poursuivi pour fraude et abus de confiance. Le premier concerne des cadeaux de riches personnalités, notamment du champagne et des cigares d'une valeur proche de 200 000 dollars. Le second porte sur une négociation présumée avec le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, qui aurait proposé une couverture médiatique plus favorable en échange d'une loi freinant un journal concurrent.

Mais c’est dans un troisième dossier que la situation s’aggrave. Netanyahou est soupçonné d'avoir accordé des avantages réglementaires à un opérateur télécoms en échange d'une couverture favorable sur le site d'information Walla, contrôlé par son ancien patron. Il est donc poursuivi pour corruption passive, passible de dix ans de prison. 

Sept ans d’inéligibilité pour Netanyahou

Le risque pour Netanyahou ne se limite pas à une peine de prison. Une condamnation pour des faits relevant de la « turpitude morale » pourrait l'empêcher d'exercer une fonction publique pendant sept ans et donc plus ou moins la fin de sa carrière politique. Même sans accord, une condamnation pour fraude et abus de confiance poserait également la question de son inéligibilité.

Netanyahou a officiellement demandé une grâce en novembre 2025, avec le soutien de Donald Trump. Le président américain a même écrit au président Herzog pour réclamer une grâce complète. Mais la demande ne comporte ni aveu ni engagement de retrait de la vie politique. Interrogé sur un éventuel départ, Netanyahou aurait même répondu par la négative. De son côté, le service des grâces du ministère de la Justice a jugé la demande hautement problématique, en l'absence de condamnation, de reconnaissance de culpabilité ou de remords.

L'après-scrutin pourrait rouvrir la question de la grâce

Herzog a laissé entendre qu'une grâce pourrait entrer dans les discussions si les élections débouchaient sur une impasse et la formation d'un gouvernement d'union. Selon plusieurs médias, il œuvrerait en coulisses à un rapprochement entre Netanyahou et Eisenkot. Un résultat électoral bloqué pourrait ainsi rouvrir cette possibilité, tandis qu'une défaite nette du Premier ministre la rendrait plus difficile.

Une défaite qui pourrait relancer l'enquête sur le 7-Octobre

Enfin, une défaite lors des législatives pourrait bien-dire naître de nouvelles poursuites judiciaires. En effet, la responsabilité de Netanyahou dans les défaillances ayant précédé le 7-Octobre, est devenue un enjeu majeur de la campagne. La presse israélienne affirme que le Premier ministre aurait été averti d'une attaque imminente, notamment par le président des Émirats arabes unis une dizaine de jours avant le massacre. Si Netanyahou réfute ces informations et nie avoir reçu ces avertissements, il refuse la création d'une commission d'enquête d'État indépendante, réclamée par les familles des victimes et l'opposition. 

Il plaide plutôt pour une commission composée de représentants de la coalition et de l'opposition. Une défaite électorale pourrait donc permettre à ses adversaires de mettre en place une enquête indépendante, capable d'examiner les responsabilités politiques, militaires et sécuritaires. Si elle établissait que Netanyahou avait reçu des alertes précises sans prendre les mesures nécessaires, ses conclusions pourraient fragiliser davantage sa position mais surtout engendrer de nouvelles procédures judiciaires.

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