Dans un entretien pour TF1, Jean-Luc Mélenchon a remis en question la conception de la propriété privée, jugeant qu’elle « n’est plus supportable ». Il a ensuite expliqué, en reprenant l’idée du révolutionnaire Maximilien Robespierre, figure centrale de la Terreur et à l’origine de la loi sur les suspects, que « la propriété est une liberté qui a sa limite ». Pour Sylvain Grataloup, président de l’ Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) : « C’est absolument honteux de tenir de tels propos ». Alors pourquoi, selon lui, ces propos sont-ils problématiques ?
« C’est injurieux à l’égard de tous ces propriétaires »
La France compte « 35 millions de propriétaires », commence-t-il. Et selon lui, les propos de Jean-Luc Mélenchon sont « injurieux à l’égard de tous ces propriétaires qui ont construit leur histoire et leur patrimoine en travaillant, en faisant en sorte que ce soit un projet de vie ». Ces propriétaires représentent, en plus, presque la moitié de la population française.
Après « l’injure » vient la question du logement, qui est évidemment un des premiers points qui vient en tête. « S’il n’y a plus de propriétés privées, il faudra bien loger les gens. On les logera comment ? Dans les établissements, les bâtiments publics, collectifs ? », se questionne Sylvain Grataloup, sans réponse.
« Cela permet d’avoir une stabilité personnelle, familiale et sociale »
Pour le président de l’UNPI, la propriété privée permet avant tout d’accéder à une forme de liberté. « C’est-à-dire qu’on est chez soi, on a un patrimoine qui se construit, on a un capital qui est là, qui permet de faire face aux moments qui sont difficiles. Cela permet d’avoir une stabilité personnelle, une stabilité familiale et puis, d’une certaine manière, une stabilité sociale », explique-t-il.
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Une liberté, mais aussi des devoirs
Si c’est une liberté, c’est aussi un devoir d’être propriétaire. « Mes propriétaires ont des devoirs à l’égard de la société, des devoirs de loger l’ensemble des citoyens », affirme Sylvain Grataloup, rappelant que, selon lui, « 70 % des Français » sont logés dans le parc locatif. Ils ont également le devoir de rénover et d’entretenir leurs biens. Un travail qui contribue, selon lui, à préserver le patrimoine français. « On a quand même plus de 100 millions de touristes chaque année qui lèvent les yeux et qui disent que la France est magnifique. »
« Une erreur de considérer qu’être propriétaire, c’est être égoïste »
Ces obligations ne peuvent toutefois être remplies que si le droit de propriété, qu’il qualifie de « droit fondamental », est protégé. Sylvain Grataloup rappelle à ce titre que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ne fait pas de la propriété un privilège, mais « une liberté au service de la société ».
Pour lui, « c’est une erreur qui est commune, mais qui est bien volontaire de la part de Jean-Luc Mélenchon, de considérer qu’être propriétaire, c’est être égoïste, c’est être individualiste, c’est exclure les autres. Pas du tout, bien au contraire ».