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90% des patrons de TPE n'ont plus confiance en Macron et l'exécutif

Selon la 85e vague du Baromètre de conjoncture Fiducial des TPE, réalisée par l'IFOP au 3e trimestre 2026, la rupture entre les petits patrons et l'exécutif prend des proportions historiques : 90 % des dirigeants déclarent ne plus faire confiance aux mesures économiques du gouvernement d'Emmanuel Macron. À moins de six mois de l'élection présidentielle, l'attentisme a remplacé l'élan d'investissement, tandis que les chefs d'entreprise réclament des réponses concrètes sur le pouvoir d'achat, la fiscalité et l'emploi.

Les patrons se disent préoccupés par le contexte actuel
Les patrons se disent préoccupés par le contexte actuel

L'augmentation des prix et les coûts énergétiques

L'environnement économique actuel fait peser sur les très petites entreprises des contraintes cumulées qui brident toute projection à moyen terme. L'analyse des résultats du Baromètre Fiducial des TPE (réalisé auprès d'un échantillon de 1 006 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés) met en évidence une addition de freins majeurs qui grippent la vie quotidienne des entreprises de 0 à 19 salariés. L'augmentation générale des prix est citée par 84 % des chefs d'entreprise comme un obstacle direct à leur développement. Ce renchérissement est immédiatement suivi par le coût des approvisionnements énergétiques, jugé pénalisant par 82 % des répondants. Globalement, 90 % des patrons de TPE interrogés n'accordent pas leur confiance dans les mesures et actions économiques annoncées ou mises en place par Emmanuel Macron et son gouvernement.

À ces facteurs conjoncturels s'ajoutent des pesanteurs structurelles ressenties avec une acuité accrue : le poids des démarches et procédures administratives entrave l'activité de 80 % des structures, à égalité parfaite avec le niveau des cotisations sociales et de la fiscalité (80 %) ainsi que l'incertitude entourant la situation politique et économique nationale (80 %). Enfin, le manque de visibilité sur les perspectives de croissance est déploré par 77 % des sondés.

Des prises de décision différées

Face à ce manque d'horizon clair, la réaction des dirigeants est catégorique : 77 % d'entre eux font le choix de différer toute décision d'investissement ou de recrutement en attendant d'observer l'évolution du contexte politique, social et économique.

  • Face à l'augmentation des prix : 84 % des TPE se disent pénalisées
  • Face au prix de l'énergie : 82 % d'impact négatif
  • Face au poids des procédures administratives : 80 % d'entraves citées
  • Face aux cotisations sociales et la fiscalité : 80 % de frein identifié
  • Face à l'instabilité politique et économique française : 80 % d'inquiétude
  • Face au manque de visibilité sur la croissance : 77 % de blocage déclaré

Sur le front de l'emploi, les arbitrages traduisent la sévérité du moment. Bien que 11 % des dirigeants indiquent avoir embauché ou envisager de le faire d'ici la fin septembre 2026, cette proportion demeure en deçà de toutes les trajectoires enregistrées aux mêmes périodes lors des exercices précédents. En parallèle, 10 % des patrons de TPE déclarent avoir supprimé ou devoir supprimer un ou plusieurs emplois (+3 points par rapport au trimestre antérieur). Il s'agit du niveau le plus élevé enregistré par le baromètre depuis le troisième trimestre 2024.

Une fosse qui ne cesse de se creuser

À mesure que l'échéance présidentielle approche, le fossé se creuse entre la scène politique nationale et la réalité quotidienne des ateliers, commerces et petites entreprises du territoire. L'enquête IFOP pour Fiducial souligne un rejet des querelles partisanes au profit d'une demande d'arbitrages concrets.

Une nette majorité de dirigeants, soit 84 %, exprime une réelle lassitude face à l'actualité politique et économique (voir tableau ci-dessous). De plus, 70 % des patrons estiment que la multiplication des candidatures et la compétition partisane occultent le traitement des dossiers de fond. L'incompréhension domine : 83 % des personnes interrogées jugent que les candidats et leurs formations ne saisissent pas les enjeux spécifiques des petites entreprises, tandis que 79 % dénoncent une prise en compte insuffisante de leurs préoccupations dans les débats préparatoires. Par ailleurs, 77 % des sondés déplorent l'absence de programmes clairement formulés sur les thématiques majeures.

Ce sentiment de déconnexion s'illustre également par le fait que 62 % des patrons de TPE ont la conviction que la relance de la croissance économique n'est pas une priorité pour les prétendants à l'Élysée, un chiffre en hausse de 12 points par rapport au niveau mesuré au premier trimestre 2017.

Perception de la politique et de l'échéance présidentielleProportion de patrons d'accord
Lassitude à l'égard de l'actualité politique et économique84 %
Mésintelligence des enjeux des TPE par les candidats83 %
Prise en compte insuffisante des préoccupations des TPE79 %
Absence de programmes clairs sur les sujets majeurs77 %
Nuisance de la compétition politique sur les enjeux de fond70 %
Sentiment que la croissance n'est pas une priorité des candidats62 %

Dans ce contexte de désenchantement vis-à-vis du personnel politique national, 76 % des chefs d'entreprise déclarent ne pas avoir confiance dans le fait que le meilleur candidat l'emportera lors des scrutins d'avril et mai.

La priorité au pouvoir d'achat, la fiscalité et la rigueur budgétaire

Invités à hiérarchiser leurs priorités pour les mois à venir, les dirigeants de TPE placent en tête de leurs attentes des leviers directement liés à la viabilité économique de leurs établissements et à la préservation du pouvoir d'achat de leurs salariés.

Le pouvoir d'achat et la question des salaires s'imposent comme le premier chantier pour 52 % des répondants (dont 10 % en priorité absolue). À égalité avec 51 % des citations, la fiscalité pesant sur les particuliers et les entreprises ainsi que la croissance économique, l'emploi et la lutte contre le chômage constituent les deux autres piliers des revendications artisanales et commerciales. Suivent la sécurité et la justice (47 %), l'éducation et la recherche (43 %), la pérennité du modèle social et des retraites (42 %) et la réduction de la dette publique (41 %).

Interrogés sur des mesures précises débattues dans l'espace public, les chefs d'entreprise affichent des positions très fermes favorisant la rigueur budgétaire et le soutien ciblé au tissu productif :

  • Règle d'or budgétaire : 87 % des patrons sont favorables à l'instauration d'une règle interdisant à l'État de dépenser plus que ses recettes hors emprunt (dont 44 % très favorables).
  • Prise en compte de la pénibilité : 87 % soutiennent le retour à un système de retraite fondé sur la pénibilité du travail.
  • Soutien ciblé aux TPE-PME : 83 % réclament la mise en place prioritaire d'un grand plan d'aide réservé aux petites et moyennes structures.
  • Revalorisation salariale et capitalisation : 78 % approuvent une augmentation globale des rémunérations, tandis que 74 % soutiennent l'introduction d'une dose de capitalisation au sein du système de retraite.
  • Fiscalité écologique et baisse des charges : 72 % soutiennent l'application d'une TVA verte sur les industries polluantes, et 65 % préconisent la suppression des impôts de production (CVAE, CFE, C3S) ainsi que la sortie du cadre des 35 heures.

À l'inverse, certaines propositions rencontrent un refus catégorique : 67 % des dirigeants s'opposent à l'instauration d'un congé climatique et 55 % rejettent la garantie d'emploi au SMIC financée par l'État pour les chômeurs de longue durée.

Les élus locaux gardent la cote

L'accumulation des incertitudes produit des effets sévères sur la santé financière des TPE et le moral de leurs dirigeants. Le Baromètre Fiducial met en lumière une détérioration marquée des indicateurs de confiance personnelle et générale.

L'optimisme quant au climat général des affaires s'effondre à un niveau historiquement bas de 10 %, accusant une chute de 16 points sur un seul trimestre. De même, la confiance des dirigeants dans la trajectoire de leur propre entreprise subit un repli brutal de 19 points pour s'établir à 35 %. Il faut remonter au troisième trimestre 2014 pour retrouver un niveau de confiance aussi dégradé quant à l'activité propre des petites structures.

Cette perte de sérénité s'enracine dans des difficultés financières bien réelles : 44 % des très petites entreprises déclarent aujourd'hui faire face à des tensions de trésorerie ou des déséquilibres financiers, soit une augmentation marquée de 11 points en trois mois. Dans ce paysage politique et économique assombri, une seule catégorie d'acteurs publics conserve la confiance des entrepreneurs : les élus locaux. Ils sont 63 % à estimer que ces derniers sont aptes à défendre leurs intérêts et à répondre à leurs besoins. En revanche, la crédibilité des parlementaires (22 %) et des formations politiques (15 %) s'avère profondément entamée.

Repères méthodologiques

  • Échantillon : Enquête réalisée par l'IFOP pour Fiducial auprès d'un échantillon de 1 006 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (incluant les auto-entrepreneurs), raisonné sur le secteur d'activité, la taille et la région d'implantation, hors structures réalisant moins de 50 000 € de chiffre d'affaires annuel.
  • Mode de recueil : Interviews réalisées par téléphone du 21 septembre au 9 octobre 2026.
  • Source : 85e vague du Baromètre de conjoncture Fiducial des TPE (3e trimestre 2026).
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