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Manifestation du 31 octobre : vers un Acte III loin des centres-villes ?

Par Estelle Solari

À quelques jours de l’acte III des Gilets jaunes, prévu samedi 31 octobre 2026, l’exécutif envisage d’éloigner les manifestations des centres-villes les plus exposés aux pillages. Une piste qui divise commerçants, élus et policiers.

Emmanuel Macron demande des manifestations loin des centres-villes, pour limiter la casse.
Emmanuel Macron demande des manifestations loin des centres-villes, pour limiter la casse. Thibaud MORITZ - AFP/Archives

La mobilisation sociale ne compte pas s'arrêter de sitôt. La prochaine étape est d'ores et déjà fixée avec l’Acte III, annoncé par les Gilets jaunes pour ce samedi 31 octobre 2026. Une « journée à risque » selon Emmanuel Macron. En visite à Marseille, le président français a rencontré des commerçants victimes de pillages. Face à la colère et aux dégâts recensés dans plusieurs centres-villes, l’exécutif envisage désormais d’encourager l’organisation des manifestations en dehors des zones commerçantes les plus sensibles.

« On ne fera que déplacer les problèmes »

Sur le terrain, l’idée ne fait pas l’unanimité. Pour cette gérante d’une boutique de vêtements située en plein centre-ville, la question n'est pas d'avoir, ou non, le droit de manifester dans un endroit précis, mais d'interroger et contrer les conséquences des débordements. Sa boutique a, pour l’instant, échappé aux pillages, mais la crainte reste présente. « Ce n’est pas vraiment la manifestation qui gêne, mais les casseurs. S’ils changent d'endroit, que ce soit en centre-ville ou ailleurs, c'est exactement la même chose. Ils seront là quand même. »

Et ce n’est pas Sébastien Graingeron du syndicat policier Alliance, sur Sud Radio, qui dira le contraire : « On ne va que déplacer les problèmes. Si on les repousse du centre-ville et qu'ils vont piller un centre commercial, grand littoral, pleine campagne...On aura d’autres victimes collatérales. » Les syndicats policiers doivent en priorité prévenir les actes de vandalisme, identifier les auteurs de dégradations et protéger les commerces.

"Des enseignes n'ont toujours pas rouvert depuis le 17 octobre"

Pour pallier le problème, en évitant cette « fausse bonne idée », François de Canson, maire LR en région PACA, attend que l’État resserre les boulons. À Marseille, où plusieurs enseignes ont été victimes de pillages, le sujet est particulièrement sensible. « Il faut que la peur change de camp, qu’on mette en place les moyens pour nous défendre. »

Le politique espère des villes complètement sécurisées, surtout dans le centre-ville marseillais, à terme, condamné. « Dans l’hypercentre, des enseignes n’ont toujours pas rouvert depuis le 17 octobre. » Un arrêt qui pèse déjà sur l'activité économique locale.

"On n'est pas obligés de passer au milieu des commerces"

Daniel Salenc, boulanger-patissier et président de la Chambre des métiers de l’artisanat, se montre davantage optimiste au micro de Sud Radio. Manifester est un droit, alors « il faut respecter ce droit de base, mais on n'est pas obligés de passer au milieu des commerces. Pour que nos clients puissent se dire : on va aller faire nos courses parce qu'il n'y a pas de manifestation dans le centre. Autant minimiser les risques et modifier les tracés des défilés. »

Un acte III entre Gilets jaunes et "gilets jeunes"

Parmi les autres mesures en marge du mouvement social, le maintien du couvre-feu pour les mineurs non accompagnés à Lille et dans cinq autres villes du nord. À quelques jours de l’acte III, la question dépasse le simple choix du parcours des manifestations. Elle interroge l’équilibre entre liberté de manifestation, sécurité des biens et personnes, et préservation de l’activité commerciale. La jeunesse tricolore devrait elle aussi rejoindre les Gilets jaunes ce samedi.

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