Le portrait d’Emmanuel Macron “retourné dans un coin”. Le geste de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, n’est pas passé inaperçu. L’élu explique vouloir dénoncer les inégalités sociales et affirme attendre “l’avènement d’un nouveau président”. Mais une question se pose : un maire peut-il vraiment décrocher le portrait du chef de l’État des murs de sa mairie ?
Une tradition… mais aucune obligation légale
Contrairement à une idée répandue, afficher le portrait du président dans une mairie n’est pas obligatoire. Aucun texte de loi n’impose aux communes d’accrocher l’image du chef de l’État dans le bureau du maire ou encore dans la salle du conseil municipal. Cette pratique remonte pourtant au XIXe siècle et s’est progressivement imposée comme une tradition républicaine. Pour l’État, le portrait du président symbolise la continuité des institutions et l’unité nationale, au-delà des clivages politiques.
C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, dans un courrier adressé à Bally Bagayoko. Selon lui, retirer ce portrait “contrevient à un usage républicain bien établi”. "L’accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine" écrit-il. Mais juridiquement, le maire de Saint-Denis ne risque pas de sanction particulière pour avoir décroché cette photo.
🇫🇷 Bally Bagayoko a retourné le portrait d'Emmanuel Macron
— Sud Radio (@SudRadio) May 5, 2026
😡 Périco Légasse :"Décrocher le portrait est un acte de sédition. C’est un message d’incivisme envoyé à la jeunesse… c’est un scandale"
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Des précédents chez d’autres maires en colère
Le geste de Bally Bagayoko n’est pas inédit. Plusieurs maires avant ont déjà décroché ou détourné le portrait d’Emmanuel Macron pour afficher leur opposition politique. En janvier 2022, en pleine crise sanitaire, le maire de Lavaurette, Nils Passedat, retirait le portrait du chef de l’État après les déclarations d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés.
L’élu avait même renvoyé la photo présidentielle à la préfète, dénonçant une politique jugée “discriminatoire”. À sa place, la mairie avait choisi d’accrocher la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Autre exemple : en 2017, lors de la crise de l’équipementier GM&S dans la Creuse, plusieurs dizaines de maires avaient alors retiré ou retourné le portrait présidentiel pour protester contre les propos d’Emmanuel Macron visant les salariés de l’usine.
Le portrait de Macron comme outil de contestation
La même année, le maire de Grand-Failly, Jean-François Damien, avait lui aussi utilisé le portrait d’Emmanuel Macron comme symbole de contestation. Pour dénoncer la baisse des dotations aux collectivités et la suppression progressive de la taxe d’habitation, l’élu avait caché un tiers de la photo présidentielle avec une feuille portant la mention :“1/3 de finance en moins, 1/3 de photo en moins”.
Une initiative qui n’avait pas plu à la préfecture. Le maire affirmait avoir reçu un appel évoquant un possible “outrage au président”, avant la visite de gendarmes venus constater la situation. Finalement, aucun retrait ne lui avait été imposé.
“Un manque de courtoisie républicaine”
L’affaire a aussi fait réagir Élisabeth Lévy. Au micro de Patrick Roger, elle donne son avis tranché sur la décision du maire de Saint-Denis. Selon elle, en refusant d’accrocher le portrait présidentiel, Bally Bagayoko “manque à la courtoisie républicaine”. L’éditorialiste estime surtout que ce geste envoie un mauvais signal : “Il prend le risque de convaincre tous ses concitoyens, nous tous, que la nouvelle France, dont il est une figure flamboyante, ne peut se construire qu’en tournant le dos aux usages et aux mœurs de l’ancienne."
🇫🇷 @BallyBagayoko refuse de raccrocher le portrait d’Emmanuel Macron
— Sud Radio (@SudRadio) May 7, 2026
🗣️ @ELevyCauseur :"Le pacte républicain n’est pas un choix à la carte [...] Bally Bagayoko manque à la courtoisie républicaine" #GrandMatin
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