Élu dès le premier tour des municipales à Saint-Denis avec 50,77 % des voix, Bally Bagayoko s’impose comme un nouveau visage de la gauche locale. À 52 ans, l'édile de la ville dionysien est engagé depuis plus de vingt ans dans la vie politique et associative de la ville, et devient le premier maire affilié à La France insoumise à la tête d’une commune de plus de 100 000 habitants (une semaine avant David Guirault, à Roubaix). Une victoire qui marque un tournant, autant pour Saint-Denis, pour le parti de Jean-Luc Mélenchon que pour son parcours.
Un pur produit de Saint-Denis, un passionné de basket
Bally Bagayoko, c’est d’abord une histoire locale. Né en 1973 à Levallois-Perret, dans une famille d’origine malienne, il grandit à Saint-Denis, en HLM. Une ville qu’il connaît par cœur, et qu’il n’a jamais quittée.
Diplômé en géopolitique et spécialiste des banlieues à l’université Paris 8, il mène en parallèle une carrière de cadre à la RATP. Mais son premier engagement, est sportif : le basket. Joueur, puis entraîneur, il s’investit pendant des années dans le club local. Un engagement concret, de terrain, qui le fait connaître bien avant la politique.

Bally Bagayoko (Benjamin Beraud / Hans Lucas via AFP)
Une ascension loin des projecteurs
Son engagement politique débute en 2001, lorsqu’il rejoint l’équipe municipale de Saint-Denis. Conseiller municipal puis adjoint, Bally Bagayoko s’installe progressivement dans le paysage local.
Au fil des années, il participe aux différentes majorités de gauche et consolide son ancrage sur le terrain. Une montée en puissance discrète, mais constante. En 2012, il se rapproche du Front de gauche, avant de s’inscrire dans la dynamique de La France insoumise, dont il anime un groupe d’action local. Après une première tentative en 2020, il revient en 2026 avec une stratégie plus affirmée. Cette fois, il s’impose dès le premier tour avec 50,77 % des suffrages face au maire sortant, marquant un tournant dans l’histoire politique de la ville.
LFI 2.0 ? Ou l’anti-"grande gueule" de LFI
Chez les insoumis, Bally Bagayoko est moins clivant que ses camarades. Là où d’autres haussent le ton, lui temporise. Mais sur le fond, la ligne est claire. Notamment sur la sécurité : il défend une police municipale non armée et plus proche des habitants. Une position qui fait déjà débat. Même face aux accusations ou aux polémiques, il garde ce même ton maîtrisé. Une manière de répondre… sans entrer dans le clash.
Une arrivée sous haute tension
À peine élu, Bally Bagayoko se retrouve déjà au cœur de plusieurs controverses. Certaines de ses premières prises de position, notamment sur la police municipale, suscitent des réactions et alimentent le débat local. Dans le même temps, le nouveau maire est la cible de propos racistes sur les réseaux sociaux, qu’il dénonce publiquement, mais aussi d’attaques ciblées, telles que le week-end dernier sur le plateau de CNews. Une affaire toujours en cours puisque le maire de Saint-Denis a porté plainte contre la chaîne du groupe Bolloré et appelle à la fermeture de la chaîne, avant que le parquet de Paris indique hier soir avoir ouvert de son côté une enquête pour "injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion" à son encontre.
🗣️ @francoisedegois :"Rien ne vaut la haine raciste que subit Bally Bagayoko : c’est inacceptable ! Le maire de Saint-Denis essuie les pires procès d’intention tout simplement parce qu'il est noir" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) March 30, 2026
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Entre ancrage local et exposition médiatique, Bally Bagayoko commence son mandat sous pression. Figure de La France insoumise, il incarne un nouveau visage politique, mais dans une ville aussi observée que Saint-Denis, ses premiers choix seront scrutés à la loupe.