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L’opinion de Françoise Degois : "Gabriel Attal va chasser sur les terres de la gauche"

OPINION SUD RADIO – Françoise Degois revient sur la bataille acharnée entre Gabriel Attal et Édouard Philippe pour désigner le candidat centriste à la présidentielle.

Bertrand GUAY - AFP/Archives

C’est la bataille pour la présidentielle 2027 au centre entre les deux anciens favoris d'Emmanuel Macron ? 

« C'est ça, les deux anciens favoris, alors les deux anciens Premiers ministres. Alors on parle beaucoup de la gauche qui est en perdition. Là, si vous voulez, c'est l'histoire d'un sprinter et d'un marathonien. Le premier fait feu de tout bois, le second semble prendre son temps, au risque d'excéder même ses propres amis.

Je veux parler de Gabriel Attal et Édouard Philippe, ils semblent nés à des époques différentes. Le premier bombarde les réseaux sociaux de ses vidéos, ses blagues, ses confidences sur sa vie privée. Là où le second se fait plus discret, presque rétif à tout cela.

"C'est l'eau et le feu"

Et on imagine bien qu'une heure de temps passé n'a rien à voir pour l'un et pour l'autre. On imagine bien Attal passant son heure à scroller et à répondre à ses abonnés, alors qu'on voit bien Édouard Philippe bouquiner ou crier l'une de ses passions. Ces deux-là, en fait, c'est l'eau et le feu, ils ne se ressemblent pas.

Et pourtant, ils ont décidé une forme d'accord, c'est-à-dire que le moins bien placé, en janvier 2027, s'effacera poliment pour laisser passer l'autre. Et là, qu'est-ce que vous voulez ? Moi, j'ai envie de rire. Et on a du mal à croire à cette fable, tant les courbes sondagières se rapprochent. Philippe descend et Attal monte, peut-être vont-elles se croiser. En tout cas, j'imagine mal le concours d'élégance, si un seul petit point sépare les deux hommes en janvier 2027. »

"Pour se désister, il faut pouvoir endosser les positions de l'autre"

Mais ce n'est pas le seul obstacle.

« Non, parce que pour se désister, il faut pouvoir endosser les positions de l'autre. Et quand on voit sur quoi phosphore l'équipe de campagne de Gabriel Attal, on se demande comment Édouard Philippe pourrait endosser ce que Le Parisien nous a révélé ce week-end, à savoir la légalisation de la GPA, le vote à 16 ans et obligatoire, ou l'interdiction de la chasse, et pire, de la corrida.

Toutes ces mesures ne figureront certainement pas dans le programme de Gabriel Attal. Mais c'est très intéressant, parce que ces mesures, elles sont strictement calquées sur quoi ? Sur la mesure des Verts. Vous avez donc Gabriel Attal qui va chasser sur les terres de la gauche.

"La gauche est complètement à côté de ses pompes"

Pourquoi il fait ça ? Parce que la gauche est complètement à côté de ses pompes actuellement. Et il a envie tout simplement de se gonfler dans les sondages, de refaire son retard sur Édouard Philippe, de refaire du Macron 2016, où toute la gauche était persuadée qu'il était de gauche, avant de déchanter, mais trop tard. C'est un peu gros, mais il tente, car il va tout tenter, Gabriel Attal, pour effacer la marque Macron, plus visible sur lui que sur son prédécesseur à Matignon.

Effacer la marque et garder la tactique, toujours en mouvement, c'est le mouvement perpétuel. Là où Édouard Philippe semble plus statique et très peu disposé à avancer plus qu'il le faut, au risque d'être banalisé et même bousculé par d'autres protagonistes. »

"C'est oublier un peu vite Bruno Retailleau, Gérald Darmanin ou Xavier Bertrand"

Oui parce qu'ils ne sont pas seuls. 

« C'est oublier un peu vite Bruno Retailleau, Gérald Darmanin ou Xavier Bertrand. Et pourquoi pas, d'ailleurs, David Lisnard, ils existent. Et même si le match semble tout de même se jouer entre Attal et Philippe, ils vont compter dans les mois qui viennent. Darmanin ou Xavier Bertrand, qui a réinventé la droite sociale, ce sont des sensibilités qui comptent à droite, comme Bruno Retailleau d'ailleurs.

On a enterré Bruno Retailleau, mais il remonte lui aussi dans les sondages. C'est cette droite conservatrice qui pèse lourd dans ce pays. Et si les divisions sont pour le moment bien feutrées, elles sont pour un mien de l'art, j'ai envie de dire, que la gauche, dont c'est le sport préféré, de se casser la vaisselle au visage, eh bien, la droite, elle est capable de devenir complètement folle aussi. Et dans la fable, c'est la tortue marathonienne qui gagne face au lièvre sprinter. Rien ne sert de courir, mon cher ami, il faut partir à point. Peut-être qu'Edouard Philippe a raison de se hâter lentement. »

Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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