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Nicolas Dupont-Aignan : "Les règles de l'UE sont devenues une prison pour la France !"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - Croissance, sécurité, 2027 : Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, président de Debout la France, candidat à l'élection présidentielle et auteur de "2027, la liberté ou la mort" (Fayard), était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Nicolas dupont-aignan,
Nicolas Dupont-Aignan, interviewé par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 18 mai 2026, dans “L’invité politique”.

Prix des carburants, aides annoncées par Sébastien Lecornu, Union européenne, immigration, narcotrafic, hantavirus, présidentielle 2027, relations avec le RN et tribune anti-Bolloré. Au micro de Sud Radio, Nicolas Dupont-Aignan a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Il y a toujours des milliards pour l’étranger, et jamais pour la France !"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Sébastien Lecornu annonce de nouvelles aides directes aux professions touchées par la hausse des carburants. Est-ce une bonne décision ?
Nicolas Dupont-Aignan : “Non, malheureusement, et d’ailleurs on le paye très cher. Comme il n’a pas compensé la hausse des prix des carburants pour ceux qui travaillent, les PME notamment, on a un choc récessif. La France est complètement en panne et cette récession va coûter très cher en pertes de recettes fiscales. Il aurait été préférable de faire un geste plus conséquent pour éviter la panne économique.”

Quel geste aurait-il fallu prendre selon vous ?
“Je propose depuis le départ de supprimer la TVA sur la taxe, soit 13 centimes, et de supprimer les certificats d’économie d’énergie, soit 17 centimes. Ces certificats sont une usine à gaz ahurissante, qu’il fallait au moins suspendre pendant la crise. Cela faisait 30 centimes, ce qui aurait allégé significativement la facture des Français, ce n’était pas un geste démesuré.”

Mais cela représente plusieurs milliards d’euros pour les finances publiques.
“Les milliards, c’est curieux : on ne les compte plus quand il s’agit de l’étranger. Le gouvernement a donné 17 milliards à l’Ukraine dans le cadre du prêt européen de 90 milliards, sans débat au Parlement. La contribution à l’Union européenne augmente aussi de 5,5 milliards. Il y a toujours des milliards pour l’étranger, et jamais pour éviter la crise économique majeure qui arrive en France.”

"Nous devons sortir de l’UE telle qu’elle est, la dissoudre et la reconstruire"

Dans votre livre, vous défendez l’idée d’une sortie de l’Union européenne ?
“Je parle d’indépendance nationale, c’est plus général. J’ai écrit ce livre pour me poser la question des solutions, car la critique des autres ne suffit plus. J’ai analysé les trente dernières années, thème par thème : agriculture, industrie, énergie, sécurité, immigration. Je prouve que les règles de l’Union européenne sont devenues une prison pour la France.”

Même Marine Le Pen et Jordan Bardella ne proposent plus la sortie de l’Union européenne.
“C’est bien là le problème, car moi je veux une vraie alternance. Si on reste dans l’Union européenne telle qu’elle est, on ne réglera ni le problème migratoire, ni la sécurité, ni les ruines agricoles et industrielles. Je ne propose pas une sortie à l’anglaise, mais une dissolution de l’Union européenne avec d’autres États. Il faut reconstruire une Europe légère, comme celle qui a déjà marché dans le passé.”

Comment peser seul dans une économie mondialisée ?
“Les pays qui peuvent résoudre leurs problèmes sont ceux qui maîtrisent leurs frontières, leurs budgets et leurs lois. Quand vous êtes soumis à un pouvoir technocratique qui dilapide votre argent public, soit vous réagissez, soit vous continuez à obéir à des gens qui ne sont pas élus. Ce que je propose, ce n’est pas l’isolement, mais la fin de cette Union européenne. Il faut reconstruire une Europe des nations libres, souveraines, qui travaillent ensemble.”

Vous demandez aussi un référendum sur l’immigration. Y a-t-il trop d’immigrés en France selon vous ?
“Bien sûr, tout le monde le sait. Sur la visite de Gérald Darmanin à Alger, on verra les résultats. Mais pour l’instant, par la diplomatie, on n’a rien obtenu. Je ne crois pas qu’en étant faible, on obtienne quoi que ce soit.”

Faites-vous partie, comme certains le disent, des responsables politiques jugés excessifs ?
“Non, je fais partie de ceux qui ont compris que la France devait être défendue. Depuis des années, le pouvoir ne défend plus les Français ni la France. Il nous met dans une situation financière, économique et sécuritaire catastrophique. Il faut des solutions concrètes, réalistes et efficaces, sinon les Français continueront de trinquer.”

Hantavirus : "Les Français ne sont plus dupes de la manipulation générale"

Sur le narcotrafic, après la mort d’un jeune de 15 ans à Nantes, que faut-il faire ?
“Je propose un état d’urgence, la saisie des armes, la fermeture des frontières et une vraie politique pénale. Il faut construire 40 000 places de prison et expulser les délinquants étrangers. Tout le monde sait ce qu’il faut faire, mais on ne le fait pas depuis 30 ans. Comment voulez-vous lutter contre le narcotrafic avec les frontières ouvertes ?”

Vous dites que le système médiatique cherche à vous faire passer pour un extrémiste ou un complotiste, notamment après vos propos sur le hantavirus. Vous avez pourtant été accusé d’avoir affirmé qu’il ne se transmettait pas entre humains.
“Je n’ai pas dit cela, c’est ce que disent ceux qui veulent me décrédibiliser. J’ai expliqué que de grands professeurs s’interrogeaient sur ces virus, alors même qu’ils se transmettent extrêmement difficilement. Il y a eu un emballement médiatique avec toujours les mêmes théoriciens de plateau et leurs conflits d’intérêts. J’ai simplement posé des questions, et on n’a même plus le droit de le faire dans notre pays.”

Que répondez-vous à Aurélien Rousseau, ancien ministre de la Santé, qui a dénoncé le retour des "dingues" en situation de crise ?
“C’est l’ancien ministre de la Santé qui a menti aux Français. Il a imposé une vaccination alors que le vaccin n’empêchait pas la transmission du Covid. Il a enfermé les gens et porte une responsabilité écrasante. Les Français ne sont plus dupes de cette manipulation générale, et je ne me tairai pas face à cela.”

"Je suis candidat à la présidentielle, Marion Maréchal ne m’a rien proposé et j’ai une position différente du RN"

Serez-vous candidat à l’élection présidentielle 2027 ?
“Je serai candidat pour défendre la sortie de l’Union européenne. Je veux traiter vraiment les problèmes du pays et arrêter de faire semblant. La question est de savoir si la France va retrouver sa liberté et son indépendance. C’est ce que je défendrai dans cette élection présidentielle.”

Marion Maréchal travaillerait-elle en coulisses pour vous intégrer au dispositif de campagne du RN pour 2027 ?
“Je ne vois pas de quoi elle veut parler. Marion Maréchal ne m’a rien proposé, franchement rien. Je suis candidat pour défendre la souveraineté de la France et son indépendance. La question n’est pas celle des combinaisons politiques, mais celle de la liberté du pays.”

Marine Le Pen et Jordan Bardella peuvent-ils mener les combats que vous défendez ?
“Ma différence est visible à l’œil nu. Jordan Bardella et Marine Le Pen ont clairement indiqué qu’ils ne voulaient pas sortir de l’Union européenne. Jordan Bardella a aussi indiqué qu’il voulait poursuivre la guerre en Ukraine. Moi, j’ai une position différente et je veux que les Français aient le choix.”

Votre relation avec Marine Le Pen a connu des hauts et des bas, notamment sur l’Ukraine.
“Je ne suis pas pro-russe, j’ai simplement demandé la paix. Cette guerre est la ruine de l’Europe industrielle avec le prix de l’énergie. Je voudrais que l’argent des Français aille aux Français. Est-ce qu’on a encore le droit, à moins d’un an de la présidentielle, de proposer un chemin différent ?”

Pourriez-vous travailler avec Florian Philippot ?
“Il m’a soutenu en 2022 et je serais ravi qu’on travaille ensemble. Je suis ouvert aux souverainistes, aux gaullistes et aux indépendantistes. Les Français doivent retrouver le droit de gérer leurs propres affaires. Nous payons aujourd’hui l’abandon du droit du peuple français à disposer de lui-même.”

Tribune anti-Bolloré : "Ils braillent, mais ils iront chercher l’argent à la fin"

Les scènes de chaos autour d’une vente de montres disent-elles quelque chose de l’état du pays ?
“Je suis maire d’une ville et je vois tous les jours des délinquants arrêtés sans être réellement condamnés. Le problème de fond, c’est de savoir si la règle de droit s’applique encore en France. Très récemment, des individus arrêtés après un vol de portable avec agression et une machette dans le sac sont ressortis libres. L’État régalien est totalement paralysé, et pour les délinquants, c’est open bar.”

Un mot sur la tribune signée par des professionnels du cinéma contre Vincent Bolloré et la réponse de Canal+ ?
“Ils braillent, mais ils iront chercher l’argent à la caisse à la fin. Ils vont toujours du côté de l’assiette au beurre, mais ils se donnent bonne conscience. Ils sont pitoyables.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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