"Tu peux juste dire à Jordan Bardella : peut-être que Jordan, tu manques un tout petit peu d’expérience, c’est un crime de lèse-majesté" : au micro de Sud Radio, Robert Ménard a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
Mariage d'une personne sous OQTF : "C’est moi qui vais payer les pots cassés parce que l’État n’est pas capable de le mettre dehors"
Jean-François Achilli : Vous comparaîtrez le 30 septembre prochain devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir refusé de marier, en 2023, un Algérien sous OQTF à une ressortissante française. Est-ce que ce pays marche à l’envers ?
Robert Ménard : "Il marche sur la tête ! Je suis maire, je fais ce que fait un maire, je marie des gens tout le temps. Là, je me retrouve face à quelqu’un qui est connu défavorablement des services de police, qui a été condamné à de la prison avec sursis pour vol avec violence en réunion, qui est en situation illégale et sous OQTF. Ce n’est pas moi qui délivre cette obligation de quitter le territoire, c’est l’État. Et c’est moi qui vais payer les pots cassés parce que l’État n’est pas capable de le mettre dehors alors qu’il s’y est engagé. Tout le monde sait que quand vous êtes marié à une Française, pour vous expulser ensuite, ça devient extrêmement compliqué. Et c’est moi qui risque cinq ans de prison, 75 000 euros d’amende et une inéligibilité. Vous comprenez pourquoi aucun maire ne prend ce risque aujourd’hui."
Emmanuel Macron vous avait pourtant dit à l’époque : « Le droit est mal fait », qualifiant même cette situation « d’ubuesque ». Mais rien n’a changé.
"Exactement. Il y a une proposition de loi votée au Sénat qui dit qu’on ne peut pas obliger un maire à marier quelqu’un en situation illégale. Le garde des Sceaux disait la même chose, le ministre de l’Intérieur aussi. Mais qu’est-ce qu’ils attendent ? Le Président m’avait dit qu’il fallait changer les règles du jeu. Au-delà de mon cas, c’est la démonstration parfaite de l’impuissance de l’État. Je pense que je vais être condamné. Moralement, je pense avoir raison, mais la loi dit autre chose. J’ai passé vingt ans à défendre, avec Reporters sans frontières, des gens qui faisaient des choses contraires à la loi parce qu’ils pensaient qu’il y avait parfois une différence entre la morale et la loi. Je suis sidéré de ce que cela dit de mon pays."
🇫🇷@BallyBagayoko décroche le portrait de Macron
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🗣️Robert Ménard : "Et demain, on va enlever le drapeau français ? Il faut être fou furieux ! Et je dis la même chose de ceux qui enlèvent le drapeau européen !" #GrandMatin
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Que vous inspire le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a décroché le portrait d’Emmanuel Macron dans sa mairie ?
"Il faut être fou furieux. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit d’enlever le portrait d’Emmanuel Macron alors que je n’ai jamais voté pour lui. Si on n’est même plus capables d’avoir des symboles communs… Et je suis aussi sévère avec ceux qui enlèvent le drapeau européen. Vous pouvez critiquer la bureaucratie de Bruxelles, mais le 8 mai, c’est aussi la reconstruction de l’Europe et la paix avec l’Allemagne. On n’a plus fait la guerre avec eux depuis. C’est quand même formidable. Il prépare la campagne de Jean-Luc Mélenchon."
Si Jean-Luc Mélenchon est élu président, vous garderez son portrait dans votre mairie ?
"Bien sûr que oui. Il y a des choses qui devraient être plus fortes que la politique. On a besoin de symboles communs."
"J’ai refusé trente-cinq commerces en deux ans parce que je ne veux plus de commerces communautaires"
À Saint-Ouen, le maire Karim Bouamrane mène une croisade contre certains commerces communautaires. Vous comprenez cette démarche ?
"Oui. Moi, je ne veux pas de communautarisme. Je viens de refuser l’installation d’un Quick à Béziers parce qu’ils ne servent que des repas halal. Chacun mange ce qu’il veut, chacun a les choix religieux ou philosophiques qu’il veut, mais je ne veux pas me retrouver dans un restaurant où je n’ai pas d’autre choix que du halal. Chez moi, avant d’ouvrir un commerce, vous avez besoin de l’autorisation de la mairie. J’ai refusé trente-cinq commerces en deux ans parce que je ne veux plus de commerces communautaires."
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🗣️Robert Ménard : "@karim_bouamrane a raison de lutter contre le communautarisme ! (...) Je ne veux pas de Quick chez moi, car ils ne servent que des repas halal !" #GrandMatin
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Et puis Robert Ménard, il y a l’autre modèle : les banquets du Canon français. Ça fait débat depuis plusieurs jours. Ils sont accusés par Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, d’exclure une partie de la population avec, dit-il, « 4 000 convives autour d’un cochon à la broche ». Est-ce que ce n’est plus possible aujourd’hui d’organiser de telles fêtes en France ?
"S’il n’aime pas le cochon, s’il n’aime pas la charcuterie… Moi je n’aime ni le cochon ni la charcuterie... mais il retourne vivre en Algérie. Tiens, prenons cet exemple puisqu’il en est une espèce de porte-parole officieux. Moi, je les ai reçus deux fois, le Canon français. Je ne sais pas si vous êtes allés voir. C’est formidable. Il y avait 1 800 personnes chaque fois, c’était plein dans les arènes de Béziers, avec une ambiance incroyable."
Certains disent qu’il y a eu des saluts nazis dans certaines images…
"Attendez, j’ai vu des photos où un mec lève le bras gauche en plus… Bonjour pour le salut nazi. Enfin attendez. Moi, j’y suis allé deux fois et je les recevrai à nouveau. C’est juste une ambiance bon enfant. Attendez, on est en France, oui on mange du cochon. Quel est le problème ?"
Pourquoi ça devient une polémique ? Au Sénat, Laurent Nuñez a dû répondre à un élu socialiste qui parlait de troubles à l’ordre public et demandait l’interdiction de ce type de manifestation.
"Parce qu’un certain nombre d’hommes et de femmes politiques utilisent ce communautarisme comme un rabatteur de voix. Ils pensent que s’ils disent ça, ils vont récupérer un vote musulman. C’est d’une médiocrité incroyable. C’est de la chasse au suffrage, c’est la seule chose qui les intéresse. Regardez chez moi. Dieu sait ce que je dis sur le vote communautaire. Aux dernières municipales, la France insoumise a fait moins de 4 % dans une ville où 70 % des élèves des écoles publiques sont d’origine immigrée, et la plupart musulmans. Ça veut dire que tu peux parler à ces gens-là. Moi, je défends la pratique de l’islam, je vais à la rupture du jeûne et tout, mais tu n’es pas obligé de flatter les islamistes dans le sens du poil."
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🗣️Robert Ménard : "S'il n'aime pas le porc ni la charcuterie, @chemshafiz n'a qu'à aller vivre en Algérie ! Quel problème cela pose-t-il de manger du porc en France ?" #GrandMatin
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Ça vient de tomber : 127 interpellations dans l’agglomération parisienne, 23 policiers blessés légèrement. Il y a déjà des images de voitures caillassées, des débordements après la victoire du PSG contre le Bayern. Qu’est-ce que vous dites ce matin ?
"Que ces gros connards nous pourrissent la fête. Moi, j’ai regardé la deuxième mi-temps à la télé, je me suis régalé. J’adorerais voir une finale comme ça. Pourtant je viens d’un pays de rugby, pas de foot. Mais enfin, on peut être content sans casser."
Pourquoi ça tourne toujours comme ça ?
"Parce qu’ils ont un pois chiche à la place du cerveau. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils pensent que tout leur est permis. Tu fais la fête, tu casses. Tu n’es pas content, tu casses. Qu’on les sanctionne une bonne fois pour toutes. Je suis toujours un peu simpliste, j’en conviens. Mais le problème de la justice en France est double : c’est trop long entre le moment où tu fais une connerie et le moment où tu es sanctionné. Et surtout, le type qui prend quinze jours de prison parce qu’il a fait ça, il faut qu’il fasse ses quinze jours de prison tout de suite. Vous allez voir que ça va en calmer un certain nombre. Mais pour ça, il faut des places de prison. Et je vous rappelle que monsieur Macron avait promis 15 000 places de prison en 2017…"
Jordan Bardella "n’a pas d’expérience"
2027, votre réflexion sur la présidentielle, est-ce qu’elle a évolué ? Vous aviez évoqué cela ici même, lors de la sortie de votre livre Lettre à Clara.
"2027, j’y réfléchis comme tout le monde. J’y réfléchis en me disant : comment tu peux être le plus utile à ce pays ? Est-ce qu’il faut soutenir quelqu’un ou y aller soi-même ? Moi, je n’ai pas un ego tel que si j’étais convaincu par quelqu’un, je ne l’aiderais pas à gagner. Je veux juste que mon pays gagne. J’aime beaucoup Bruno Retailleau. Je discute avec lui. Je crois qu’il y a encore des choses… Il a son parti, on ne va pas épiloguer sur Les Républicains, c’est trop facile de se moquer d’eux. Même lui, je lui ai dit un certain nombre de choses. Moi, je suis prêt à aider quelqu’un s’il faut."
🗣️Robert Ménard : "Aujourd'hui, ni @MLP_officiel ni @J_Bardella n'acceptent la critique ! Qu'ils aillent se faire voir !" #GrandMatin
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Vous pourriez vous poser la question d’être candidat ?
"Oui, je pourrais me poser cette question-là. Mais en même temps… enfin écoutez, vous vous imaginez chef de l’État demain matin ? Je suppose que vous aussi, vous douteriez de vous. Moi, je doute de moi. Je me dis qu’il faut une connaissance des choses, une certitude de soi difficile à avoir. Mes amis me répondent justement qu’on a peut-être besoin de quelqu’un qui ne soit pas si sûr de lui et qui ne pense pas avoir réponse à tout. Donc je fais une pirouette, j’en conviens largement."
Et Marine Le Pen ? Vous avez été très proche d’elle à un moment. Vous souhaitez qu’elle puisse concourir en 2027 ?
"Mais bien sûr. Je trouve qu’elle a de vraies qualités. Je serais scandalisé qu’elle ne puisse pas se présenter. Je l’ai dit et je le redis. Moi, je l’ai soutenue en lui disant publiquement — je ne lui disais pas ça en tête-à-tête — : « Marine, sur les questions économiques et sociales, tu dis de grosses bêtises. » A l’époque, elle acceptait que je puisse lui dire : tu as raison sur un certain nombre de choses, notamment sur l’immigration ou la sécurité, mais sur les questions économiques et sociales, ce ne serait pas une bonne chose pour la France que tu sois à la tête du pays. Aujourd’hui, ils n’acceptent plus rien."
Vous pensez à Jordan Bardella ? Il n’a pas le niveau ?
"Mais attendez, il est jeune. Dire qu’il est jeune, ça saute aux yeux quand même. Il n’a pas d’expérience. Quelle expérience il a ? Il a travaillé une fois dans sa vie. Tu peux dire ça sans dire qu’il n’a pas le niveau. Tu peux juste dire : peut-être que Jordan, tu manques un tout petit peu d’expérience, peut-être que tu as besoin de trois cicatrices de plus avant de diriger ce pays. Est-ce que je suis persuadé que face à tous les chefs d’État il ferait le poids ? Je ne sais pas, je pose la question. Tu dis ça, c’est un crime de lèse-majesté. Mais qu’ils aillent se faire voir. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Si je ne peux même pas dire à quelqu’un : « Vous êtes un très bon journaliste, mais il y a ça, ça et ça qui ne vont pas », alors quoi ? On ne se parle plus ? Eux, c’est comme ça : ou tu es avec eux, ou tu es contre eux. Mais la vie, ce n’est pas comme ça. Il faudra que monsieur Bardella comprenne que c’est un peu plus compliqué que ça."
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