Dans Drôle d'époque, Françoise Degois, revient sur les multiples condamnations judiciaires des politiques français comme Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen et l' anésthésie générale de la société.
Je vous mets tous au défi, d'être capable de me citer le nombre de procédures, de jugements, de premières, de deuxièmes instances concernant un ancien président de la République. C'est absolument dingue, prison ferme pour lui, et c'est une première, mais le dossier libyen jugé en ce moment même en deuxième instance est bien plus sévère que l'affaire Bygmalion.
Sarkozy, lâché par Claude Guéant dans cette affaire, où il est jugé pour association de malfaiteurs, avait été condamné, je le rappelle en première instance, à cinq ans de prison ferme.
"Nous devrions nous insurger contre cet état de fait"
Alors il ne s'agit pas, pour moi, ici de défendre ou d'attaquer Nicolas Sarkozy, je fais partie de ceux qui font confiance à la justice. Mais de souligner cette forme d'apathie, cette forme d'anesthésie générale qui nous transforme tous en simples spectateurs, presque voyeurs, sans révolte réelle, alors que nous devrions nous insurger contre cet état de fait.
⚖️Sarkozy ne portera pas de bracelet électronique
— Sud Radio (@SudRadio) May 7, 2026
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Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, peut-être qu'il est victime, mais la réalité, c'est qu'il est multi-condamné, c'est un ancien président, et c'est une véritable star dans les librairies, avec son journal d'un prisonnier.
Il reste encore la figure incontournable à droite. Emmanuel Macron, en son temps, s'était fait adouber par Nicolas Sarkozy. Jordan Bardella juge aujourd'hui-t-il de faire savoir que les deux hommes se voient.
"Bracelets électroniques ou pas, continuer comme si de rien n'était, ça ne choque personne"
L'autre grande figure de la politique s'appelle Marine Le Pen. Quarante ans de combat politique acharné, et une trajectoire qui peut se briser le 7 juillet prochain, si la Cour d'appel confirme le jugement, en première instance, sur l'affaire de financement des assistants parlementaires européens.
Tout est suspendu à cet arrêt aux pages de juges, qui s'ils ramènent à deux ans la peine d'inéligibilité, peuvent permettre à la leader de l'extrême droite française de concourir avec ou sans bracelet. Et là, on se pince quand même, de nous voir tous collectivement dans les rédactions, évoquer cette hypothèse comme si de rien n'était, comme si tout était normal, comme si tout citoyen lambda pouvait faire ce que font les politiques, bracelets électroniques ou pas, continuer leur chemin, comme si de rien n'était, sans que ça ne choque personne.
"Critiquer l'état de droit, c'est critiquer la souveraineté qu'on défend"
Le Pen a certes joué le grand air de la victime, les quelques jours qui ont suivi sa condamnation en janvier dernier, mais depuis elle est beaucoup plus mesurée. Une façon aussi de ne pas prendre les juges en appel, à rebrousse-poil.
Mais les deux, comme une grande partie de la droite, ont un même refrain, haro, sur l'état de droit. Et je voudrais répéter, que l'état de droit, si vous voulez, c'est l'expression, comme le suffrage universel, de la souveraineté du peuple. Pourquoi ? Parce que les lois, vous le savez très bien, s'écrivent et se votent par un Parlement issu de ces élections. Critiquer l'état de droit, c'est critiquer la souveraineté qu'on défend.
Retrouvez Drôle d'époque avec Françoise Degois dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.