La croisière a viré au cauchemar. Trois personnes sont mortes après que des cas d'infection par un hantavirus ont été déclarés à bord du MV Hondius. Depuis, les 150 passagers de ce navire, qui effectuait une traversée entre l'Argentine et le Cap-Vert, vivent coupés du monde et restent confinés à bord. Mais si ce virus mortel se répandait sur la terre ferme, pourrait-on assister au début d'une nouvelle pandémie mondiale comparable à celle du Covid-19 ?
Une à six semaines d'incubation
La première contamination "n'a pas pu avoir lieu à bord ni lors d'une escale", selon l'OMS. Le premier cas concerne un passager néerlandais de 70 ans, qui a présenté des symptômes le 6 avril avant de décéder le 11 avril.
La période d'incubation est généralement de une à six semaines. La première personne contaminée n'a donc pas pu être infectée à bord du bateau ni lors d'une escale, mais a très probablement été exposée avant l'embarquement.
Comment gérer les cas contacts ?
À l'arrivée du bateau aux Canaries, prévue d'ici samedi, un important protocole sanitaire sera mis en place : "Un processus de limitation des infections transmises par voie respiratoire va réduire de façon considérable le risque de transmission", explique l'infectiologue Robert Cohen au micro de Sud Radio.
La recherche et la mise à l'isolement des cas contacts est en cours dans plusieurs pays du monde. Parmi les personnes surveillées figure notamment un cas contact français.
Faut-il craindre une nouvelle épidémie mondiale ?
La souche détectée chez deux patients appartient à une lignée des Andes transmissible entre humains, avec une mortalité estimée à environ 40% des cas. Toutefois, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se veut rassurant : "Je ne pense pas que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. Le risque pour le reste du monde est faible", a-t-il indiqué.
De son côté, Robert Cohen adopte aussi un discours rassurant : "La particularité de ce type de virus, ce n'est pas sa capacité de transmission, mais la gravité de la maladie qu'il peut provoquer. On n’est pas du tout dans le modèle du coronavirus, où pratiquement toute la population est infectée", assure-t-il.