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Rentrée scolaire 2026-2027 : les grosses annonces du Ministre de l'Education nationale

Edouard Geffray entend remettre "l'exigence" au coeur de l'Education nationale en mettant l'accent sur la maîtrise du langage, le raisonnement scientifique et la qualité de la rédaction au baccalauréat, au risque de heurter la conscience professionnelle des syndicats qui n'ont pas été concertés.

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Edouard Geffray entend remettre "l'exigence" au coeur de l'Education nationale en mettant l'accent sur la maîtrise du langage, le raisonnement scientifique et la qualité de la rédaction au baccalauréat, au risque de heurter la conscience professionnelle des syndicats qui n'ont pas été concertés.

"L'exigence doit être au coeur de votre mission", écrit le ministre de l'Education nationale dans la circulaire de rentrée, publiée jeudi au bulletin officiel et adressée à "tous les personnels de l'éducation nationale".

Un texte "élaboré sans concertation" qui "relève clairement d'un exercice de communication de la part du ministre", a réagi auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré.

"Il n'y a eu aucun dialogue", abonde Aurélie Gagnier, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Pour la rentrée prochaine, le ministre demande que la pédagogie en primaire, au collège et au lycée soit "principalement concentrée sur la maîtrise de ces deux conventions sociales +premières+ qui rendent possibles toutes les autres: le langage et le raisonnement scientifique".

"L'acquisition du langage, c'est-à-dire de la capacité croissante à élaborer une pensée complexe, est notre premier objectif pédagogique, dans toutes les disciplines", poursuit-il.

Il proscrit les "textes à trous", "sauf besoins particuliers, au profit du geste scripteur et de la rédaction de phrases complètes, qui améliorent la mémorisation et permettent à l'élève de développer une pensée complexe".

"À l'heure où nos élèves se reposent de plus en plus sur l'intelligence artificielle, cultiver cette maîtrise est le meilleur moyen de leur garantir une autonomie intellectuelle et mentale dans l'usage de ces outils, comme, en temps voulu, d'en tirer le plein potentiel", estime-t-il.

- Barème orthographique -

"Depuis trente ans, la pratique de l'écrit s'est beaucoup affaiblie à l'école primaire. Pourtant, écrire permet de développer les facultés cognitives", a insisté le ministre dans un entretien jeudi au Figaro.

"Ne pas maîtriser" l'orthographe "ferme des portes", a-t-il ajouté, rappelant que les notes du bac 2026 devront prendre en compte la "qualité rédactionnelle".

L'inspection générale travaille actuellement sur un barème pour toute les épreuves, "y compris les disciplines scientifiques, où l'orthographe n'était pas considérée comme prioritaire", précise-t-il.

"Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur leur niveau", assure M. Geffray.

"Nous n'avons pas attendu le ministre pour prendre en compte l'orthographe dans la notation aux examens. Les fautes rendent la compréhension de la copie plus difficile et cela se sent dans la notation", rétorque Sophie Vénétitay.

Le raisonnement scientifique, et les mathématiques, sont "la seconde priorité", notamment "l'acquisition des automatismes en mathématiques et la résolution de problèmes" en primaire.

"Certes, il faut travailler le langage et le raisonnement scientifique mais cela ne peut et ne doit être isolé des autres apprentissages", met en garde Aurélie Gagnier.

Elle déplore que "l'histoire, les arts visuels, l'EPS ne soient pas considérés comme essentiels alors qu'ils permettent de développer l'esprit critique, d'enrichir la culture, développer les compétences psycho-sociales et le vivre ensemble."

Édouard Geffray souhaite également un "travail accru sur la réduction des inégalités" entre filles et garçons et espère une amélioration du climat scolaire, grâce au rôle éducatif des parents et à l'interdiction du téléphone portable au lycée - en débat au Parlement-.

"Cela implique également le nécessaire retour à une forme de civilité trop souvent remise en cause par le comportement de certains élèves et parfois même de certains parents", écrit-il.

Quant aux personnels, il entend "améliorer et humaniser" la gestion des "ressources humaines".

"Nous ne sommes condamnés ni à l'impuissance, ni au fatalisme", dit-il, soulignant le "cadre dont la neutralité et la laïcité, sont, avec le savoir et l'usage de la raison, les garanties du libre-arbitre".

Par Julia PAVESI, Marine DO-VALE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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