Le Ballon d'Or 2026 est au cœur de soupçons de délit d'initié. Selon une enquête du média Upside, publiée trois jours avant la cérémonie, douze comptes de la plateforme de paris Polymarket, créés entre le 1er et le 20 octobre, auraient misé 264 000 dollars sur les marchés liés au trophée.
Des cotes qui évoluent avant la cérémonie
Sept de ces comptes n'avaient parié sur aucun autre événement. Six ont effectué leurs premiers paris quinze minutes seulement après leur création. Tous misaient sur le même classement : Harry Kane vainqueur, Kylian Mbappé deuxième, Lamine Yamal troisième, Rodri quatrième et Lionel Messi cinquième. Un scénario qui s'est finalement révélé exact.
Les mouvements de cotes alimentent également les soupçons. Sur le marché « Mbappé devant Yamal », le Barcelonais était donné favori à 80-90 % jusqu'au 8 octobre. Le lendemain, sa probabilité de finir devant le Français chutait à 55 %, puis à 28 % le 22 octobre. Dans le même temps, les chances de victoire de Kane augmentaient.
Aucun délit d'initié encore établi
À ce stade, rien ne permet d'affirmer qu'une information confidentielle a été utilisée. Les marchés étaient accessibles à tous et les mouvements de cotes peuvent aussi s'expliquer par des rumeurs ou des anticipations. Depuis mars 2026, le règlement de Polymarket interdit également de miser sur la base d'informations obtenues auprès d'une personne tenue au secret. Mais la plateforme internationale ne demande pas de pièce d'identité et les sanctions se limitent principalement au bannissement des comptes ou à une éventuelle transmission aux autorités.
Des polémiques en continu autour de Polymarket
Mais les polémiques autour de Polymarket dépassent le monde du football. La plateforme est notamment au cœur de soupçons de délits d'initié après plusieurs paris particulièrement lucratifs sur des événements géopolitiques majeurs. En janvier 2026, un utilisateur a notamment empoché plus de 400 000 dollars en misant sur la chute du président vénézuélien Nicolás Maduro, quelques heures avant sa capture par l'armée américaine.
En mars, des paris sur la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors de frappes israéliennes, ont également suscité des interrogations sur de possibles transactions réalisées à partir d'informations confidentielles. Face à ces soupçons, le Congrès américain a ouvert une enquête en mai 2026 sur les pratiques de Polymarket et de sa concurrente Kalshi, notamment sur leurs dispositifs de détection des opérations suspectes.
Plusieurs élus dénoncent le risque que des responsables politiques ou militaires puissent tirer profit d'informations auxquelles ils sont les seuls à avoir accès. Des accusations qui soulèvent des questions éthiques et de sécurité nationale, alors que ces plateformes permettent de parier sur des conflits armés ou des opérations militaires. En France, Polymarket est par ailleurs interdit : l'Autorité nationale des jeux (ANJ) a ordonné le blocage de son accès en juillet 2026.