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André Bercoff sur le départ de Charles Sapin :"La direction de France Inter s'est assise sur le pluralisme"

OPINION - Charles Sapin a quitté France Inter après la colère des syndicats suscitée par sa venue. Un sujet qui a mis André Bercoff en colère, lui qui s'interroge sur la liberté d’expression au sein du service public.

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Ludovic MARIN - AFP/Archives

Charles Sapin a déjà quitté France Inter. La direction a annoncé au rédacteur en chef adjoint de Valeurs actuelles la suppression de son éditorial hebdomadaire. « On n’accepte pas le pluralisme », a-t-il déclaré. La liberté d’expression est-elle remise en question sur le service public ? C’est le sujet de la colère du jour d’André Bercoff.

"Dans le camp du bien, on ne doit pas pouvoir s'exprimer..."

"Évidemment, quand on est le camp du bien et qu’on sait qu’on détient la vérité, quelqu’un qui n’est pas d’accord avec nous ne doit pas pouvoir s’exprimer parce que, sinon, il a tort. Et donc, au nom du pluralisme, de la liberté d’expression, de la démocratie, de la tolérance et de la bienveillance, on l’interdit"

"C’est ce qui s’est encore passé, on en a suffisamment parlé, avec l’affaire Charles Sapin, rédacteur en chef adjoint de Valeurs Actuelles, de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. Il devait avoir 2 minutes 40 de chronique sur France Inter, radio de service public. Eh bien, le personnel de France Inter a dit que ce n’était pas possible d’accepter quelqu’un de Valeurs Actuelles"

"Il y a une opinion absolument dominatrice"

"On regarde les lois sur la liberté d’expression, la charte des journalistes de France Inter et du service public, demandant le pluralisme total, l’expression équilibrée, le fait d’être ouvert, indépendant et impartial, selon les propres paroles de la directrice de France Inter. La direction de France Inter s’incline et propose à Sapin une chronique de 2 minutes 40, une fois par semaine, le dimanche matin, à 7 heures. Sapin refuse. Là, il y a une opinion absolument dominatrice, dominante, et qui doit régner sans partage, voilà"

"On s'assoit sur la liberté d'expression"

"Ça s’appelle, effectivement, la liberté d’expression, et les syndicats décident. Mais le plus grave, pour moi, c’est que la direction s’est inclinée et qu’on entend le silence assourdissant du ministère de la Culture, car je rappelle que le service public est sous la tutelle de l’État. La loi audiovisuelle de 1946, on s’assoit dessus. La liberté d’expression, on s’assoit dessus. Le pluralisme, on s’assoit dessus"

"Le silence radio, c'est grave"

"Si vous avez le malheur d’être à la gauche de Jean-Luc Mélenchon, pour ne pas le nommer, vous êtes d’extrême droite. Écoutez, je ne sais pas si ce sont les fous qui ont pris le pouvoir dans l’asile, je ne sais pas si on sait encore ce que ça veut dire, la liberté. Je crois que là, il y a urgence en la demeure, quand même. Le pluralisme, ça existe, et ce qu’il faudrait dorénavant, c’est que ce soit uniquement le privé qui ait le monopole. Je rappelle que tous les Français, quels qu’ils soient, que les foyers français paient le service public. Le silence radio, c’est grave"

"Mais faut-il aller jusqu’au boycott de France Inter et du service public ? On peut, en tout cas, se poser la question quand on voit une direction qui se couche, quand on voit des syndicats qui vont dire : dorénavant, c’est nous qui autorisons tout recrutement"

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