Il y a des débuts qui marquent les esprits. Celui de Tadej Pogačar à la Vuelta, en 2019, en fait indéniablement partie. À vingt ans à peine, le prodige slovène découvrait alors les Grands Tours au sein de l'équipe UAE Team Emirates, dans l'ombre du leader désigné Fabio Aru. Un an seulement après avoir explosé sur le Tour de l'Avenir, personne n'imaginait encore l'ampleur de ce qu'il allait accomplir.
Une révélation fracassante dès sa première tentative
Le scénario de cette Vuelta 2019 a de quoi surprendre. Longtemps dans l'ombre du futur vainqueur Primoz Roglic, Pogacar s'impose peu à peu comme l'un des hommes forts de la course. Il décroche le tout premier maillot blanc de meilleur jeune de l'histoire de l'épreuve, remporte trois étapes, dont celle d'Andorre qui restera dans les mémoires, et signe surtout un exploit resté légendaire lors de l'avant-dernière étape, dans la Sierra de Gredos. Une attaque à 38 kilomètres de l'arrivée qui lui permet de grimper sur la troisième marche du podium final, un résultat qui n'a plus jamais été égalé par un coureur aussi jeune depuis près d'un siècle dans le cyclisme mondial.
Ce jour-là, Eddy Merckx lui-même comprend qu'un immense champion vient de naître sous ses yeux. L'histoire lui donnera largement raison.
Depuis 2019, plus aucune trace de Pogačar sur les routes espagnoles
Voilà pourtant le paradoxe qui entoure la carrière de Tadej Pogačar: depuis cette révélation de 2019, le Slovène n'a plus jamais pris le départ de la Vuelta. Six saisons se sont écoulées sans qu'il ne revienne sur l'épreuve qui l'a pourtant lancé vers les sommets du cyclisme mondial. Un choix de calendrier assumé, dicté par ses ambitions prioritaires sur le Tour de France, qu'il a remporté à cinq reprises (2020, 2021, 2024, 2025 et 2026), et sur le Giro d'Italia, conquis en 2024.
Résultat : sur les trois Grands Tours, la Vuelta reste la seule course où Pogacar n'a jamais inscrit son nom au palmarès. Une anomalie statistique pour l'un des plus grands coureurs de sa génération, qui totalise pourtant dix départs en Grand Tour et qui n'a connu, avec cette troisième place de 2019, que son seul résultat en dehors du podium sur une course de trois semaines.
Un retour à Monaco pour combler ce vide au palmarès
C'est justement pour effacer cette absence que Tadej Pogačar s'aligne ce week-end au départ de Monaco. À 27 ans, celui qui a dominé le cyclisme mondial ces dernières saisons revient enfin sur les terres qui l'ont vu grandir sportivement, avec un objectif clair : devenir enfin vainqueur de la Vuelta, la seule pièce manquante à sa collection de Grands Tours.
Un retour chargé de symboles, quatre jours après le début de la course, dans la principauté même où il avait signé sa première victoire d'étape en Grand Tour, à Andorre, en 2019. De quoi raviver des souvenirs pour celui qui, sept ans plus tôt, s'était présenté aux médias avec une simplicité désarmante, expliquant avoir découvert le vélo enfant pour suivre les traces de son frère aîné.