Un personnel scolaire en grève, des lycéens solidaires, et puis, un mouvement national rejoint par les étudiants. Dans un contexte déjà tendu, entre inflation et précédentes grèves de corps de métiers clés, les manifestations lycéennes en cours depuis la mi-septembre 2026, font craindre un nouveau mai 68. Retour aux origines d'une bascule historique.
Une étincelle locale, née d'une contestation universitaire à la Sorbonne
Pas d'appel syndical national, mais une occupation locale à l’université de Nanterre. Les manifestations de mai 68 prennent leurs racines le 22 mars 1968 : 142 étudiants, majoritairement anarchistes, trotskistes ou maoïstes, occupent la salle du conseil de la faculté de Lettres. La raison de cette petite rébellion ? Les élèves montrent leur solidarité envers des camarades arrêtés lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam.
Les étudiants de toute la France emboîtent le pas
Le mouvement s’organise autour du "mouvement du 22 mars", mené notamment par Daniel Cohn-Bendit. Quand l’université ferme le 2 mai, les étudiants se replient vers la Sorbonne, puis vers le Quartier latin. Résultat ? La police intervient, la Sorbonne est évacuée, et très vite, les affrontements s’enchaînent : barricades, pavés, gaz lacrymogènes. Les étudiants d'autres facultés leur emboîtent le pas, révoltés.
Le mouvement gagne les usines
Mais alors, pourquoi "mai 68" et pas mars ? Et bien parce que le tournant a lieu le 13 mai 1968 : Une manifestation géante part de la place de la République : étudiants, ouvriers et universitaires avancent d'un seul pas. Poussés par cette vague protestataire toujours plus grande, les syndicats appellent à la grève générale. En quelques jours, le mouvement gagne les usines : le 22 mai, la France compte 7 millions de grévistes.
🔴🇫🇷 ALERTE l L’Université Paris Cité est actuellement BLOQUÉE sur plusieurs de ses sites. Une « première depuis Mai 68 ». https://t.co/Gfmhlk15MP
— - Le Direct Info 🔴 (@LeDirectInfo) October 5, 2026
Une étincelle partie d'un lycée
Cette année, tout est parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil qui a décidé de faire grève pour protester contre les postes d’enseignants non pourvus. Les lycéens sont d'abord solidaires du personnel, avant que le reste de la fonction publique appelle à manifester le 29 septembre. A ce jour, la France compte jusqu’à 500 lycées fermés par mesure de sécurité. Des appels à une « grande mobilisation étudiante et lycéenne » sont lancés pour ce mardi 6 octobre, d'ores et déjà considéré comme l'Acte 3 de ce mouvement qui ne cesse de prendre de l'ampleur.
Le cocktail 2026 aussi explosif que celui de 1968
Le schéma de contagion observé en 1968 ressemble aux événements actuels de 2026 : crise économique, sociale et sociétale. Un cocktail explosif. Des points communs qui font craindre une convergence des luttes d'autant que depuis vendredi 2 octobre, les manifestations apparaissent même comme "point de bascule" dans le débat public. Comme en mai 68 quand, la colère étudiante locale réprimée, était devenue un symbole qui avait alimenté la mobilisation générale.
Vers une convergence des luttes ?
Médiatisation rapide, colères dispersées, étincelle locale devenue nationale : tous les ingrédients d'un Mai 68 bis sont donc sur la table. Et tout comme il y a près de soixante ans, la tension monte face aux interpellations et aux affrontements avec les forces de l'ordre. Reste à savoir si les Français, ouvriers, particuliers, salariés, étranglés par la hausse du coût de la vie et la baisse du pouvoir d'achat, décideront ou pas de descendent à leur tour dans la rue, à 7 mois de l'élection présidentielle. Le moment idéal pour se faire entendre et exprimer sa colère...