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Parasport à la télévision : après l'euphorie de Paris 2024, le grand désenchantement des Français

GROS PLAN SUD RADIO - Deux ans après la ferveur des Jeux Paralympiques de Paris 2024, l'engouement du public se heurte à une réalité amère : la quasi-disparition du handisport des écrans de télévision. Entre déception des citoyens et attentes d'un véritable héritage sportif, gros plan sur une déception partagée par l'opinion publique alors que se déroule actuellement la semaine de l'ARCOM "Jouons ensemble", qui vise à booster la visibilité du parasport en France.

(DR/Hugo Mackat-France Paralympique 2024)

Deux ans après la « parenthèse enchantée » des Jeux Paralympiques de Paris 2024, que reste-t-il réellement des promesses d'héritage ? Si l'événement avait suscité un engouement populaire sans précédent et fait vibrer des millions de spectateurs, le constat sur le terrain est aujourd'hui amer : les Français ont pris goût aux sports paralympiques, mais ils déplorent leur quasi-disparition des écrans de télévision.

Une "coupure d'antenne" dénoncée par 7 Français sur 10

Pendant les Jeux de Paris, l'enthousiasme était pourtant général. Marie, Parisienne de 75 ans ayant vécu l'événement au coin de sa rue, se rappelle de son « coup de foudre » pour les épreuves paralympiques. Mais aujourd'hui, elle reste sur sa faim : « Il doit y avoir plus de diffusions à la télé ! » Un constat partagé par Sébastien, professeur d’histoire-géographie, qui critique l'attitude des diffuseurs : « J’ai l’impression que les médias ont un peu passé les sports paralympiques à la trappe (…) Ils s’en sont servis comme d’un outil marketing. »

Cette déception individuelle reflète une tendance nationale massive. Selon le dernier baromètre sport Odoxa pour Winamax et RTL dévoilé ce dimanche, 71 % des Français considèrent que le parasport n’est pas assez médiatisé, une insatisfaction en hausse de 4 points sur un an. Si 51 % des Français déclarent suivre des compétitions paralympiques à la télévision, seuls 17 % le font en dehors de la période des Jeux. Alexandre, un étudiant de 19 ans qui s'était passionné pour ces disciplines, résume parfaitement le problème : « On ne voit pas ces sports à la télé, on n’est pas informé de quand ni où c’est diffusé. S’il y avait un peu plus d’informations, je regarderais. »

Un public conquis qui en redemande

Pourtant, le désintérêt ne vient absolument pas des téléspectateurs. L'étude montre que l'image du parasport demeure extrêmement positive : 73 % des personnes interrogées affirment que le parasport est tout aussi intéressant à suivre que les épreuves valides, et 85 % estiment qu'il permet aux personnes en situation de handicap de participer pleinement à la société. Pour le grand public, la télévision a un rôle majeur à jouer : 86 % des Français déclarent que la retransmission télévisée des compétitions peut faire changer le regard de la société sur le handicap.

Sur le terrain, l'impact émotionnel et éducatif de Paris 2024 reste vivace. Séduit par l'expérience des Jeux, le jeune Alexandre a testé le basket-fauteuil et salue la « résilience remarquable » des athlètes. Ethan, 20 ans, retient, lui, les courses d'athlétisme avec guides, y voyant « une belle image de solidarité qu'on a du mal à retrouver dans le sport valide ».

Jules Ribstein, champion paralympique de triathlon dans sa catégorie PTS2
Jules Ribstein, champion paralympique de triathlon dans sa catégorie PTS2 (Vincent Curutchet / KMSP)

Un manque de soutien public qui freine la pratique sur le terrain

Le manque de visibilité médiatique s'accompagne d'un sentiment d'abandon politique. 68 % des Français jugent que le parasport n'est pas suffisamment soutenu par les pouvoirs publics (+4 points).

Cette faible présence à l'écran a des répercussions directes sur le quotidien des personnes concernées : seuls 40 % des Français estiment qu'il est facile pour une personne en situation de handicap de pratiquer un sport. Pour rappel, sur les 12 millions de Français vivants en situation de handicap, moins de 2 % sont licenciés dans une fédération sportive, freinés par le manque d'infrastructures et le coût très élevé du matériel adapté.

Les leviers attendus pour un véritable héritage

Face à ce « soufflé retombé », les citoyens fixent des priorités claires pour redynamiser le secteur. A commencer par accroître la visibilité médiatique de manière continue et non uniquement tous les quatre ans (85 %). Mais aussi sensibiliser les élèves dans les écoles (85 %) ainsi que dans les clubs sportifs (83 %). Enfin, financer le matériel adapté (fauteuils, équipements spécifiques) pour réduire les barrières financières (82 %).

L'héritage de Paris 2024 ne pourra donc s'inscrire dans le temps que si la télévision et les institutions acceptent de transformer l'essai d'un été festif 2024 en un engagement durable et permanent. L'occasion a été ratée et ls promessses non honorées il y a deux ans à Paris. Les prochains Jeux de Los Angeles 2028 feront-ils office de seconde chance ? Il n'est jamais trop tard...

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