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Qui est Flavio Bolsonaro, l'héritier sulfureux qui a pris Lula de vitesse ?

PORTRAIT SUD RADIO - Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle brésilienne avec plus 47 % des voix, contre près de 45 % pour Lula, le sénateur Flavio Bolsonaro, a déjoué tous les pronostics. Fils aîné de l'ex-président incarcéré, il se présente comme une version plus modérée de son père. Portrait de celui qui peut faire basculer le Brésil à droite, le 25 octobre prochain.

Qui est Flavio Bolsonaro, l'héritier sulfureux qui a pris Lula de vitesse ?
(Photo by Ton Molina / Getty Images South America / Getty Images via AFP)

Avec 99,99 % des bulletins dépouillés, Flavio Bolsonaro recueille 47,03 % des voix, contre 45,16 % pour Lula, soit 56,1 millions de suffrages, contre 53,9 millions pour le président sortant. Un résultat surprise qui dépasse ce qu'annonçaient les enquêtes d’opinion alors que les derniers sondages lui prédisaient un retard d'au moins quatre points et que Lula a compté jusqu'à 15 points d'avance sur lui.

Un enfant de la politique

Flavio Nantes Bolsonaro est né en 1981 à Resende, dans l'État de Rio de Janeiro. Diplômé en droit, il a complété sa formation par des spécialisations en politiques publiques et en entrepreneuriat. Néanmoins, il mène sa vie professionnelle presque entièrement en politique. Élu député de l'État de Rio en 2002, il est réélu trois fois et siège au sein de l'Assemblée régionale jusqu'en 2019. En 2016, candidat à la mairie de Rio, il termine quatrième et échoue à passer au second tour. Deux ans plus tard, il prend sa revanche et est élu sénateur de Rio. 

Il a pour marque de fabrique la sécurité publique avec 145 de ses 214 interventions à l'Assemblée régionale sur ce thème. Au Sénat, il a défendu un durcissement des peines et un abaissement de l'âge de la responsabilité pénale avant de prendre, en 2025, la tête de la commission de la sécurité publique.

Le choix du père

Sa candidature était loin d’être une évidence. La condamnation de Jair Bolsonaro à plus de 25 ans de prison pour avoir tenté de renverser le résultat de la présidentielle de 2022 le rendait inéligible jusqu'en 2030. Le 5 décembre dernier, Flavio annonce avoir reçu l'investiture de son père lors d'une visite à la prison où celui-ci est détenu. Une surprise puisque, jusque-là, le favori du camp Bolsonaro était le gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas.

Les ombres du dossier « Dark Horse »

La campagne a été marquée par un scandale financier autour du candidat. En mai 2026, Intercept Brasil révèle que Flavio Bolsonaro a négocié le financement de « Dark Horse », un film sur son père, avec le banquier Daniel Vorcaro. Selon le média, au moins 61 millions de reais (environ 10,5 millions d’euros) auraient été versés via des structures intermédiaires.

Le sénateur a d'abord nié avant d’admettre avoir sollicité un parrainage privé auprès du banquier pour un film privé sur son père. Il assure n'avoir reçu aucun argent ni accordé aucun avantage, et affirme qu'aucun fonds public n'a été utilisé. Mais l'affaire a pris une dimension judiciaire cet été. Le juge de la Cour suprême André Mendonça a levé le voile sur une enquête de la police fédérale pour blanchiment d'argent, évasion de devises et corruption. Près de 50 mandats de perquisition ont visé des producteurs et des députés bolsonaristes. Flavio Bolsonaro dénonce une tentative d'ingérence politique. À ce stade, il n'est pas mis en examen et nie toute irrégularité.

Défenseur de la dictature militaire et de la peine de mort

Un autre précédent pèse également sur son image. Révélée fin 2018, l'affaire des « rachadinhas » portait sur des mouvements financiers suspects autour d'un ancien collaborateur. Des poursuites avaient été engagées, mais la justice a annulé la procédure en 2021 en invalidant les preuves recueillies. Enfin, ses prises de position passées alimentent la controverse. En 2011, il avait défendu la dictature militaire, allant jusqu'à nier qu'il y ait eu une dictature. Il soutient également la peine de mort.

Sécurité et dégraissage des ministères au programme

Le cœur de son projet tient en deux mots : sécurité et économie. Il promet cinq nouvelles méga-prisons de haute sécurité. Il veut également classer les gangs Comando Vermelho et le Primeiro Comando da Capital comme organisations terroristes. Son inspiration est la méthode du Salvadorien Nayib Bukele, dont les ONG dénoncent le mépris des droits humains.

Sur le plan économique, il propose un ajustement budgétaire d'environ 1,5 % du PIB en 18 mois. Le tout accompagné de baisses d'impôts et de privatisations. Il veut aussi réduire le nombre de ministères et revenir sur la réforme fiscale de Lula. En référence à la tronçonneuse de Javier Milei en Argentine, il promet de tailler « au ciseau » dans une douzaine de ministères.

Bolsonaro père bientôt amnistié ?

Côté international, Flavio Bolsonaro, qui se dit hostile à la Chine, préfère s'allier aux États-Unis. Il est soutenu par Javier Milei et par Washington. De son côté, Lula a accusé les États-Unis de chercher à influencer la politique intérieure brésilienne. 

À noter qu’il s’engage, en cas d’élection, à amnistier son père et toutes les personnes condamnées après la tentative de coup d'État de 2022. Il affirme aussi ne vouloir exercer qu'un seul mandat, ce qui pourrait préparer le retour de son père au pouvoir.

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