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Mobilisation lycéenne : qui va payer les 40 millions d’euros de casse ?

GROS PLAN SUD RADIO - Portails arrachés, abribus détruits, lycée incendié : la semaine de mobilisation lycéenne laisse une addition plus que salée sur le dos des collectivités et de l’État. Si la loi prévoit des recours contre les auteurs, ceux-ci sont rarement identifiés et, au bout du compte, c'est souvent l'argent public qui paie.

Guillaume SALIGOT - AFP

Les casseurs aux abords des lycées vont-ils réellement être inquiétés ? Si une grande partie de la classe politique, y compris au gouvernement, souhaite voir appliquer un principe de « casseur/payeur », la réalité est plus compliquée. Le cadre juridique est clair sur le papier. Le code de la sécurité intérieure rend l'État responsable des dégâts commis lors d'attroupements. Une commune peut donc se faire rembourser par l'État pour les dommages causés sur son territoire.

Lorsque les auteurs sont identifiés, les régions peuvent porter plainte et réclamer la réparation intégrale du préjudice. Si ces auteurs sont mineurs, la responsabilité revient à leurs parents. Seulement, les casseurs sont rarement identifiés et, faute d'auteurs désignés, la facture retombe sur le dos des finances publiques.

« Qui va payer ? La collectivité »

Ainsi, Kamel Chibli, vice-président à l'éducation de la région Occitanie, ne se fait pas d'illusions. « Qui va payer ? La collectivité. Malheureusement, pour l'instant, c'est nous qui sommes propriétaires », explique-t-il au micro de Sud Radio. À noter tout de même que Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Île-de-France, a d’ores et déjà indiqué qu'elle enverrait la facture au maire Bally Bagayoko, concernant les dégâts à Saint-Denis.

Kamel Chibli précise également que la région porte systématiquement plainte à chaque dégradation pour « marquer le coût ». Il évoque aussi le rôle possible des assurances « en fonction de la situation ». Mais, au final, c’est bel et bien « la collectivité qui va devoir payer », explique-t-il. Des dépenses qui signifient que « des efforts doivent être faits sur d'autres choses » et qu’il « va falloir qu'on fasse des choix ». Il cite notamment la rénovation thermique des bâtiments, que l'État demande aux régions d’accélérer.

Une note très salée

Du coté des chiffres, l’Île-de-France annonce 7 millions d'euros de dégâts, dont une cinquantaine de portails détruits. L'Auvergne-Rhône-Alpes avance une fourchette de 25 à 30 millions, mais elle y inclut les abords des établissements et les véhicules, ce qui la rend difficile à comparer avec les autres. Les Pays de la Loire déclarent 3 millions, dont au moins 2 millions seulement pour l'incendie du lycée Nelson-Mandela, à Nantes. 

L'Occitanie en chiffre 3 également, tandis que les Hauts-de-France et le Grand Est approchent chacun 1 million. En Normandie, le président de région Hervé Morin prévient que la facture se chiffrera en « dizaines de millions ». Additionnées, ces estimations dépassent déjà 40 millions d'euros. Il s'agit de premières évaluations, établies avant l'inventaire complet des dommages et sans méthode commune.

« Une catastrophe pour l'argent public »

Et le coût risque encore d’augmenter puisqu’une nouvelle semaine de mobilisation nationale se profile. Un mouvement qui devrait « dépasser les lycéens », selon Kamel Chibli, avec des craintes de débordements relayées sur les réseaux sociaux. Sa crainte principale reste un scénario à la nantaise : un établissement « complètement dévasté », ce qui serait, dit-il, « une catastrophe pour les élèves d'abord, et puis pour la collectivité, mais surtout pour l'argent public ».

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