Cortèges, occupations de ronds-points… Ce samedi 24 octobre, une nouvelle journée de mobilisation massive est en cours de préparation. Les Gilets jaunes prévoient 500 actions dans tout le pays. A Paris, une déclaration a été déposée en préfecture pour un parcours reliant Bastille à Opéra. À Lyon, les manifestations ont, elles, été interdites par la préfecture du Rhône. Si manifestation ne rime pas nécessairement avec violence, le premier round du 17 octobre a été lourdement marqué par des débordements, casses et pillages, notamment dans les commerces, dont les propriétaires craignent une nouvelle vague de dégradations.
« Je ne peux pas fermer toutes les semaines... »
À Paris et dans plusieurs villes de France, 3 000 commerces portent encore les stigmates de cette journée noire qui a choqué la France et l'Europe. Pour la plupart d’entre eux, la question de rouvrir boutique n’est pas d’actualité, tant les dégâts sont importants. Mais pour ceux qui ont subi des dommages plus légers, qui ont pu refaire leurs stocks ou qui n’ont pas été touchés, la peur demeure.
Tarek, serveur dans un restaurant situé place de la Bastille, décrit avec émotion la journée qu’il a vécue samedi dernier : « Des gens sont entrés, ils ont voulu casser les vitres, mais ils n’ont pas réussi. Nous, on travaillait et on servait les clients, et ils nous ont gazés. » Pour Sacha, propriétaire d’une pharmacie, ouvrir le 17 octobre était déjà une source d’angoisse. « J’avais peur, honnêtement, mais je ne peux pas fermer toutes les semaines et on va du coup mettre en place des mesures de protection », explique-t-elle.
« C'est une catastrophe pour nous »
Son inquiétude s’accompagne d’une baisse potentielle du chiffre d’affaires, même en l’absence de casse. « Honnêtement, c’est une catastrophe pour nous parce qu’on a une baisse de chiffre d’affaires dans des mois où, en plus, c’est la saison des vaccinations. On a beaucoup moins de passages. De base, le samedi, c’est une de nos meilleures journées. Là, ça va être vide », déplore-t-elle.
Lyon protège ses commerçants et verrouille tout
Alain Di Crescenzo, président de CCI France, avait d’ailleurs annoncé au micro de Sud Radio que la période allant jusqu’à fin décembre représentait près de 40 % du chiffre d’affaires annuel des commerçants. Il avait également demandé de « faire une pause » dans les manifestations, au moins ce samedi 24 octobre. Un appel visiblement entendu à Lyon, où le préfet a déclaré ce jeudi vouloir « interdire par arrêtés toute manifestation dans la ville ».
« 20 % » de force de l’ordre en plus que le 17 octobre
Pour faire face à cette nouvelle journée de mobilisation et aux risques de dégradations, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, a annoncé que les forces de l’ordre seraient 20 % plus nombreuses que le 17 octobre. Des militaires de la force Sentinelle et des unités d’élite de la police seront également mobilisés en renfort. Des hélicoptères survoleront les zones de tension. Reste à voir si ces mesures permettront réellement de protéger les commerçants.