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Pillages du 17 octobre : les commerçants « déçus » malgré les aides

Prêt à taux zéro de 50 000 euros, activité partielle prise en charge par l’État, report des cotisations : Bercy a détaillé ses mesures pour les 3 000 commerces dégradés ou pillés en marge des manifestations du 17 octobre.

JEFF PACHOUD - AFP

Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, au moins 3 000 commerces ont été dégradés ou pillés en France en marge des manifestations du 17 octobre. En compensation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le chômage partiel « à 100% » pour les salariés concernés dès lundi.

Jusqu’à 50 000 euros prêtés à taux 0

Mais les aides ne s’arrêtent pas là. Bpifrance propose un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros, remboursable sur trois ans, à demander en ligne. Il doit servir à reconstituer les stocks et à régler les échéances les plus proches, et pourra aussi financer les réparations, selon Roland Lescure. Les démarches administratives ont également été simplifiées. Pour en bénéficier, il suffit d’avoir déclaré le sinistre à son assureur. Le dispositif sera accessible « à partir de vendredi » pour « tous les commerces sinistrés ».

Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’État prend également en charge la totalité de l’indemnité d’activité partielle, sans reste à charge pour l’employeur. Mais le taux de 100 % ne vaut que pour les salariés au Smic : les autres toucheront 60 % de leur salaire brut, comme dans le dispositif classique. Le ministre du Travail, évalue entre 10 000 et 15 000 le nombre d’emplois concernés.

« On attendait une annulation » des impôts

Les Urssaf autorisent aussi le report, jusqu’à 12 mois, des cotisations patronales des trois prochains mois. Côté impôts, chaque commerçant doit solliciter son service des impôts pour un étalement sans frais ni majoration, un délai supplémentaire ou une remise de pénalités. Le fisc promet aussi de rembourser plus vite les crédits de TVA et d’impôt.

Mais c’est sur point que les représentants des commerçants se montrent réservés. Sur Sud Radio, Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE, juge que les mesures vont « dans le bon sens », mais se dit « déçu. On n’attendait pas vraiment un report, mais on attendait effectivement une annulation. » 

« On va devoir continuer à payer »

Il met notamment en avant la tension sur la trésorerie : « Pendant les périodes de fermeture, les charges vont continuer à courir, que ce soit le loyer, notamment les commandes, les fournisseurs, etc. Et comme il n’y a pas de chiffre d’affaires qui va être généré, on ne comprend pas pourquoi, là encore, sur la partie sociale et fiscale, on va devoir continuer à payer. »

De son côté, France Assureurs a allongé de deux à 30 jours le délai de déclaration d’un sinistre et promet des acomptes immédiats et la prise en charge de la mise en sécurité des locaux. Le gouvernement annonce par ailleurs un fonds pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants : une aide forfaitaire, calculée en pourcentage du chiffre d’affaires. Ni le taux, ni les plafonds, ni la date d’entrée en vigueur ne sont connus. Les artisans peuvent déjà solliciter le fonds de solidarité des chambres de métiers, qui verse jusqu’à 1 500 euros d’aide d’urgence.

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