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Émeutes du 17 Octobre : « Les vrais casseurs n’ont pas encore été jugés »

Par La rédaction

Au lendemain des émeutes, les consignes de sévérité de Gérald Darmanin sont-elles suivies d'effet en comparution immédiate, côté juges ?

Lycéens en confrontation avec les forces de l'ordre lors d'une manifestation.
Des policiers anti-émeutes s'opposent à des lycéens lors d'une manifestation devant le lycée Le Corbusier, à Aubervilliers, le 1er octobre 2026 (LOU BENOIST - AFP)

À peine quelques jours après les émeutes du 17 Octobre dernier, les peines prononcées contre les émeutiers sont-elles sévères, comme Gérald Darmanin l’a réclamé à la justice ? 

"Quand même des peines sévères"

Quel est le premier sentiment sur les verdicts rendus comparés à ceux rendus d’ordinaire dans de tels dossiers ? "C’est difficile à dire, il faudra attendre quelques semaines et analyser plus précisément les décisions rendues, estime Nicolas Bastuck, chef du pôle “droit et justice” au Point, au micro de Jacques Cardoze sur l’antenne de Sud Radio. Mais l’impression générale qui se dégage chez les magistrats, les avocats, les observateurs, c’est quand même des peines sévères au regard de celles pratiquées habituellement."

"Il faut rappeler que le Garde des Sceaux réclame de la sévérité mais n’a pas d’autorité hiérarchique sur le juge qui prononce les peines. Il exerce une autorité sur les procureurs qui poursuivent et réclament des peines. Mais ce ne sont pas eux qui les prononcent. Ce sont les juges dits du siège, et ils sont indépendants."

Émeutes du 17 Octobre : "Il y a un peu de tout"

Près d’un millier de personnes ont été jugées en comparution immédiate au lendemain des émeutes du 17 Octobr. Les tribunaux arrivent-ils à tout juger dans les temps ? "Notamment à Paris, le nombre de chambres s’occupant des comparutions immédiates a été triplé depuis lundi. La justice s’est mise en ordre de bataille pour répondre à ce flux assez impressionnant d’affaires à juger dans des délais très brefs. Mais une justice trop rapide n’est pas forcément non plus la meilleure qui soit." Quid du nombre d’incarcérations ? "Les peines fermes pleuvent, même si elles ne sont pas toujours prononcées. Quand les juges disposent des preuves, les enquêtes ayant été menées dans des délais très courts, les peines sont sévères et souvent assorties d’un mandat de dépôt. L’avantage des comparutions immédiates est de permettre d’incarcérer immédiatement les prévenus."

Les profils de ceux défilant à la barre sont-ils surprenants ? "Il y a un peu de tout, résume Nicolas Bastuck, chef du pôle “droit et justice” au Point, sur l’antenne de Sud Radio. Des gens qui travaillent chez Amazon, des étudiants en BTS, des intérimaires, mais aussi des délinquants d’habitude au casier plus lourd. Je pense que les vrais pilleurs et les vrais casseurs et n’ont pas encore été jugés. Le sentiment domine que ce sont plutôt des manifestants qui ont profité des circonstances pour s’emparer de biens dans des vitrines cassées par d’autres. Les Black Blocks sont beaucoup plus difficiles à identifier."

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