Jacques Cardoze : Comment pouvez-vous caractériser ce qui s'est passé ce week-end ?
Vincent Jeanbrun : « Une forme d'insurrection. En parallèle de manifestations légitimes et globalement très paisibles, on a eu un phénomène insurrectionnel qui a d'ailleurs été une forme de conjugaison nouvelle de violences d'ultra-gauche inspirées de la bonne vieille Commune, et de ceux qui ont pensé qu'on pouvait aller faire son shopping gratuit, que c'était le Black Friday, c'est-à-dire des criminels et délinquants qui ont rejoint une forme de lutte pour agresser les forces de l'ordre, piller, saccager et détruire les symboles de la République.
Et d'ailleurs, on voit que ce phénomène, qui s'est allié, qui a fusionné, a essayé de déborder partout où c'était possible les forces de l'ordre, qui ont été extrêmement courageuses et qui, il faudrait quand même le rappeler ce matin à votre micro, ont permis, malgré la vague de haine et de violence qu'elles ont affrontée, de protéger nos concitoyens. Parce que globalement, on s'en tire, en termes de dégâts sur les personnes, de façon extraordinaire, et on le doit au courage de nos policiers qui n'ont pas été mobilisés que pendant les cortèges, mais dès le matin très tôt par ces criminels qui sont venus défier la République. »
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"Notre pays tient debout"
Est-ce qu'on a perdu notre autorité ce week-end ?
« Elle a été mise en défaut à certains endroits. Elle a été très clairement ciblée. Je crois que déjà c'est le premier constat. Et d'ailleurs dans son allocution, le président de la République disait : 'On a essayé de s'attaquer à la République, de déstabiliser la République.' C'est évidemment un souvenir douloureux des émeutes de 2023 où déjà à l'époque, j'étais encore maire, on expliquait que ce sont bien les bâtiments pavoisés des drapeaux tricolores qui étaient d'abord pris pour cible, d'abord et avant tout. Et donc, on voit bien qu'il y a cette volonté de s'attaquer à nos institutions.
Maintenant, nos policiers, nos pompiers, nos gendarmes, les forces de l'ordre et de sécurité ont tenu bon dans des conditions qui étaient extrêmement difficiles et je crois que justement ils ont montré que la République était là. Maintenant, on a été blessés hier. On a été blessés collectivement. Notre pays, notre société, notre République a été blessée. Il s'agit d'en tirer toutes les conséquences. Mais je veux aussi dire à votre antenne : blessée mais pas morte.
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Notre pays tient debout. Il y a des millions de Français qui se réveillent ce lundi matin en se disant : tout ça n'est pas possible, mais il faut qu'on y mette un terme. C'est la volonté du gouvernement. C'est la volonté de tous celles et ceux qui sont responsables de la tranquillité publique dans notre pays. Et la bonne nouvelle, c'est la volonté de millions de Français qui considèrent que ces casseurs, ces voyous, ces délinquants sont une petite minorité dont il faut une bonne fois pour toutes se prémunir. »
"Une petite partie de nos quartiers populaires abrite ces formes de délinquance"
Est-ce que c'est une fraction délinquante de la banlieue qui a mis à sac une partie de la France ?
« Il y a des enquêtes qui permettront de déterminer d'où viennent ces individus, mais là aussi, je prends appui sur la mémoire qu'on a des émeutes de 2023 : il y a une petite partie de nos quartiers populaires qui abrite ces formes de délinquance, notamment nourrie par les narcotrafiquants. »
Certains le disent justement, qu'il y avait un certain nombre de narcotrafiquants.
« Je le dis depuis les émeutes de 2023, à savoir que vous avez des jeunes et moins jeunes qui sont parfaitement formés à cette espèce de violence, à cette espèce de guerre urbaine, et ça ne s'apprend pas à l'école. Donc ça s'apprend où ? Dans les rues de certains quartiers, avec des forces obscures, des narcotrafiquants qui apprennent à notre jeunesse très tôt à attaquer la police et à la détester.
Je veux dire deux choses à votre micro. D'abord, c'est une minorité. Nos quartiers populaires abritent 6 millions de personnes qui aspirent à vivre honnêtement, et une petite fraction leur pourrit la vie matin, midi et soir et les met en danger. Il ne faut pas confondre les deux d'une part. Et deuxièmement, ces gens doivent être mis hors d'état de nuire tous les jours dans les quartiers, et à fortiori quand il y a des éruptions comme ce qu'on a vu samedi et hier encore avec les pillages. Et ça passe par de la fermeté par nos policiers, qui sont encore une fois très courageux d'aller se battre tous les jours dans ces quartiers, mais aussi par une justice qui doit être implacable et faire preuve d'une tolérance zéro, et par des responsables publics qui arrêtent de jeter de l'huile sur le feu.
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Quand Monsieur Mélenchon hier dit à l'antenne d'une de vos consœurs : 'Oui, je reprends un peu à mon compte, ça dépend des heures et des jours, l'expression "tous les policiers sont des bâtards"', pardon je cite, mais ça me scandalise parce que c'est humilier des personnes qui ont choisi de mettre leur vie en péril pour protéger les citoyens français. C'est absolument inadmissible et ça mériterait objectivement que tout le monde unanimement condamne ces propos qui sont dangereux parce qu'en fait, on monte la jeunesse contre ceux qui sont censés protéger les citoyens. C'est inadmissible. »
"LFI met de l'huile sur le feu incite, légitime la violence"
Ces propos de Jean-Luc Mélenchon fait référence au terme et à l'acronyme ACAB. Le fait qu'il ne condamne pas ce terme-là, ça vous choque ?
« Pardon, c'est pire que ne pas le condamner : il le reprend à son compte hier dans l'émission. Quand votre consœur journaliste dit : 'Est-ce que vous reprenez ce terme à votre compte ?', il répond : 'Ça dépend des heures et des jours.' C'est scandaleux, c'est honteux. Bien sûr que je condamne ces propos. Et de manière générale, ça fait des semaines qu'on voit cette mouvance politique, La France insoumise, qui met de l'huile sur le feu, qui incite, qui légitime la violence, qui aiguillonne les uns et les autres.
Et en même temps, est-ce qu'on doit être surpris quand on connaît la situation de Monsieur Raphaël Arnault et de ses assistants parlementaires, un député La France insoumise multirécidiviste en matière de violence ? Quand on sait qu'à Marseille, Monsieur Delogu a été condamné après avoir frappé à coups de pied des représentants de l'Éducation nationale, effectivement on ne devrait pas être surpris, mais ça mérite une condamnation totale et absolue. »
💥 @JLMelenchon reprend le terme "ACAB" à son compte 🗣️@VincentJeanbrun : "C'est scandaleux ! C'est honteux ! LFI met de l'huile sur le feu et légitime la violence" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/ZcgfQFIHGK
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Eux vont vous dire qu'ils ont dans les derniers jours appelé au calme. Le Premier ministre a une autre lecture des événements puisqu'il a dit ce week-end : 'On ne peut pas le lundi tenir des propos qui incitent à la violence, le mercredi s'en prendre aux forces de l'ordre et le vendredi appeler au calme.' C'est ce double jeu de La France insoumise que vous dénoncez ?
« Mais bien sûr. C'est une hypocrisie absolue, il n'y a même pas de double jeu. Moi j'entends 'la violence est légitime' dans la bouche du maire de Saint-Denis, j'entends le fait que ce n'est pas dans les quartiers qu'il faut manifester mais bien à l'Élysée. C'est un appel à aller attaquer les symboles de la République. Vous avez quasiment autant de citations qu'il y a de parlementaires LFI qui, d'une façon ou d'une autre, plus ou moins déguisée, appellent à cette insurrection et à cette violence. »
"Il y a une volonté insurrectionnelle de prendre le contrôle du pays"
C'est quoi la finalité de ce que vous dites aujourd'hui ? Il faut les interdire ?
« Le sujet, c'est qu'il faut d'abord les combattre, les condamner. On doit porter plainte systématiquement, c'est ce qu'a commencé à faire le ministre de l'Intérieur à chaque fois qu'il y a une incitation à la violence ou à la haine. Et de manière générale, moi ce que j'espère surtout, c'est que nos concitoyens ouvrent les yeux sur ce qu'est la réalité de ce mouvement, et surtout ouvrent les yeux sur ce qu'ils sont en train d'essayer de faire. Parce que ce chaos qu'ils essaient de semer dans le pays n'a qu'un but : leur permettre d'accéder au pouvoir, de façon légale ou non.
C'est ça qu'on ressent dans ce pays : il y a une volonté insurrectionnelle de prendre le contrôle du pays. Quand vous entendez les slogans 'C'est la Bastille, c'est la Bastille, c'est la Bastille !', on voit bien cet esprit révolutionnaire qui souffle dans le pays et qui inonde les réseaux sociaux. Aux universités d'été de La France insoumise, ce magnifique spectacle de drones a mis le portrait de Robespierre en lumière dans la nuit, acclamé comme si c'était un héros national, Robespierre qui a fait tant de mal ! Il faut qu'on se réveille tous ensemble. »
🗣️@VincentJeanbrun : "@JLMelenchon joue le pourissement de la situation, le chaos. Et surtout contre l'ordre public et la République " #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/yK3g9BOzz1
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"Faire en sorte que LFI soit responsable de ses comportements"
Mais Vincent Jeanbrun, la suite de ce que vous dites, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des sanctions ?
« Contre toute personne dans notre pays qui inciterait à la haine. C'est vrai quand on a des propos antisémites, c'est vrai quand on appelle à la violence, c'est vrai quand on va défier les policiers sur des barricades, c'est vrai quand on assiste sans réaction à des mises à feu de lycées comme on a pu le voir. Je vous rappelle que quand on est élu de la République en France, il y a un truc qui s'appelle l'article 40.
C'est un article de loi qui dit que non seulement vous ne pouvez pas rester sans rien faire quand vous voyez un crime ou un délit, mais mieux, il faut absolument le dénoncer au procureur de la République. Et si vous ne respectez pas cet article 40, vous pouvez avoir des poursuites. Je suis désolé, il faut qu'on mette notre droit en application, y compris pour faire en sorte que La France insoumise soit responsable de ses comportements. »
"On sait jusqu'où cette sauvagerie peut aller"
Jean-Luc Mélenchon dit que c'est le Premier ministre qui joue le pourrissement.
« Ça fait des mois que Monsieur Mélenchon joue la tension et lui-même le pourrissement de la situation. En fait, il joue le chaos. On a aujourd'hui un Monsieur Mélenchon qui joue de toutes ses forces le chaos. Et ce qui est terrible là-dedans, c'est qu'avec beaucoup de mépris, il instrumentalise des revendications légitimes. Parce que moi, je ne confonds pas celles et ceux qui vont manifester pacifiquement parce qu'il y a un enjeu de pouvoir d'achat, parce qu'il y a un enjeu de confiance dans l'avenir pour nos lycéens, parce que nos agriculteurs se demandent comment ils vont finir les fins de mois.
Tout ça, ce sont des expressions légitimes. Moi, je suis heureux et fier de vivre dans un pays démocratique où chacun peut s'exprimer librement dès lors qu'il respecte les règles de droit et donc l'ordre public. Et on a besoin une bonne fois pour toutes d'expliquer que Monsieur Mélenchon joue contre l'ordre public et au fond contre la République. »
J'entendais des commerçants dire que certains d'entre eux avaient des barres de fer ce week-end à la main et que ce serait peut-être la prochaine étape. Est-ce que vous redoutez un affrontement ?
« Bien sûr que je le redoute. Vous savez entre guillemets d'où je parle : j'ai vécu en tant que maire les émeutes de 2023...»
On rappelle que vous avez été attaqué vous-même dans votre domicile par une voiture-bélier en 2023.
« On sait jusqu'où cette sauvagerie peut aller. Et c'est là où effectivement moi je me souviens déjà qu'en 2023, il y avait des barres de fer, il y avait des haches, il y avait des piolets, il y avait des disqueuses thermiques professionnelles pour aller scier tout et n'importe quoi. »
"Je crois à la certitude de la peine et à son immédiateté"
Ceux qui vous écoutent, Vincent Jeanbrun, vous disent : 'C'est très bien de caractériser tout ça, mais qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?'
« Deux choses. D'abord, il faut sincèrement que chacun se dise : comment on fait changer les règles du jeu ? Pour ça, dans un pays démocratique, il faut des lois, et comme il faut des lois, il faut qu'au Parlement ça vote. Pourquoi notre arsenal n'est-il pas plus puissant aujourd'hui ? C'est parce que vous avez des forces à l'Assemblée nationale, et notamment LFI, qui ont empêché énormément de choses de se faire. Pour autant, on a quand même eu des avancées.
Je pense notamment à la loi Riposte qui a été portée par le ministre de l'Intérieur qui a permis de booster notre arsenal contre les rodeos, contre les tirs de mortiers, contre un certain nombre de choses, y compris le squat pour ce qui me concerne en matière de logement. On a la loi Casseur-Payeur qui poursuit son chemin et qui va être une avancée significative, notamment pour des violences urbaines comme celles qu'on a rencontrées aujourd'hui. Mais bien sûr qu'il faut aller beaucoup plus loin et faire en sorte que les condamnations soient exemplaires. »
Et là, tout de suite, qu'est-ce qu'il faut faire ?
« Gérald Darmanin a réagi dès ce dimanche en demandant à l'ensemble des procureurs de la République d'avoir une vision extrêmement ferme de la situation. Moi, je vais vous dire, je parle en mon nom personnel : il faut une tolérance zéro. Tolérance zéro et absolue. Vous savez, moi je crois à la certitude de la peine et à son immédiateté. »
"Rendre possible ce qui est nécessaire"
Vous savez bien que ça ne sera pas le cas. Vous savez bien qu'il y a déjà eu ce week-end une comparution immédiate avec quelqu'un qui a été relâché immédiatement.
« La politique, la vraie avec un grand P, c'est rendre possible ce qui est nécessaire. Et aujourd'hui, tous les Français ont bien compris qu'il était nécessaire de mettre hors d'état de nuire ces casseurs délinquants. C'est ça le vrai sujet pour nous : il faut rétablir l'ordre. Moi, je m'y emploie, et dans les fonctions qui sont les miennes, je m'emploierai aussi, une fois que l'ordre est rétabli, à rétablir l'espoir.
Parce que la vérité, c'est que dans ce pays, on est en train les uns les autres, chacun dans nos domaines, nos univers, de baisser les bras alors que ce pays reste merveilleux. Et je pense que dans ce contexte extrêmement difficile, il est bon aussi de se rappeler qu'on est à la tête d'un grand pays, qu'on a des richesses extraordinaires à condition de le vouloir. Mais pour ça, il faut aussi de la fermeté. »
🇫🇷 Un couvre-feu ou des interdictions de manifestations à venir ? 🗣️@VincentJeanbrun : "Tout ce qui s'est passé est nouveau. C'est possible dans notre droit. On fera tout pour que l'ordre soit maintenu" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/sEYRFU8Lp7
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"La détermination est partout"
Par rapport aux annonces de ce week-end : beaucoup considèrent que le président de la République aurait pu être plus ferme et annoncer des mesures plus spectaculaires. Est-ce que vous imaginez un couvre-feu dans les jours à venir ?
« Écoutez, le droit français en cela est assez bien fait et ça permet d'ores et déjà, sans avoir besoin de faire des annonces grandiloquentes pour rien, de permettre à chaque maire qui le souhaite de demander un couvre-feu. C'est le cas par exemple. Ça permet au préfet, et le président de la République l'a dit, d'interdire des manifestations, des rassemblements si on ne se sent pas en capacité de maintenir l'ordre public.
Tout ça est possible déjà dans notre droit. Et ce que je veux dire, c'est que la détermination est partout. Le ministre de l'Intérieur le rappelait encore ce matin sur une autre antenne en disant qu'on ferait tout ce qui est nécessaire pour que l'ordre soit maintenu dans ce pays. Vous savez, il faut avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est passé samedi est nouveau. On connaissait les manifestations qui pouvaient en fin de cortège générer des casseurs, on connaissait les pillages et on connaissait les violences urbaines type guérilla.
Là, ce qui est nouveau, c'est la conjonction des trois. C'est le fait que tout ça est venu se mêler, se soutenir. Les manifestants n'ont pas voulu soutenir positivement ni les casseurs ni les pilleurs, mais la masse gigantesque de ces rassemblements vient créer effectivement des complexités pour nos forces de l'ordre. C'est ça qui est nouveau, et il faut qu'on en tienne compte et qu'on ait une nouvelle doctrine pour pouvoir faire en sorte que l'ordre soit respecté même dans ces conditions. »
"Il a suffi que quelques-uns soufflent sur ces braises pour qu'elles se rallument"
Une nouvelle doctrine, dites-vous, avec des récits qui sont effroyables. Le maire de Limoges nous dit qu'à 15h-15h30, les policiers n'avaient plus de munitions. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il restait comme munitions, il me dit : des balles réelles.
« Je veux redire tout mon soutien au maire de Limoges et plus largement à tous les élus locaux. Moi je vous le dis, j'étais maire en 2023, je me souviens malheureusement de tout ce que ça... Vous savez, pour être honnête, moi ça fait deux jours que je dors pas très bien, voire que je dors pas, parce que tout ça ravive des souvenirs qui sont extrêmement douloureux. Et j'ai souvent dit aux différents micros qu'après que les flammes s'étaient éteintes, les braises étaient toujours là. Ce qu'on a vu samedi, c'est qu'il a suffi que quelques-uns soufflent sur ces braises pour qu'elles se rallument.
Nos policiers ont été extrêmement courageux dans des conditions, y compris matérielles, difficiles, ils ont tenu bon partout où c'était possible, mais ça n'a pas empêché des choses effroyables. La mairie de Limoges en flammes est maintenant gravée dans nos mémoires collectives et ça doit être l'alerte qui nous pousse tous collectivement au sursaut. C'est inacceptable de poursuivre. C'est aussi pour ça qu'il faut que le ministre de l'Intérieur, qui s'y emploie dès aujourd'hui, puisse trouver les outils pour qu'on ait la bonne doctrine, les bonnes méthodologies pour faire en sorte que l'ordre soit rétabli. »
Banlieues : "Attention à ne pas tout confondre"
Les Français se demandent pourquoi les millions de la politique de la ville n'ont pas servi à répondre aux besoins de ceux qui viennent des banlieues, et pourquoi ceux qui viennent des banlieues sont venus détruire les centres-villes. C'est aussi ce récit-là ce week-end.
« Attention à ne pas tout confondre. On a dans nos banlieues, comme on dit, dans ces quartiers populaires, nos infirmières, nos caissières, nos chauffeurs de bus, toutes celles et ceux qui sont en première ligne et qui étaient les essentiels au moment du Covid. »
"Il faut qu'on remette la méritocratie au cœur de nos politiques publiques"
On peut le dire autrement, Vincent Jeanbrun : une minorité est en train de gâcher tout le reste.
« Il y a des minorités criminelles qui ont prospéré et qui pourrissent la vie de tous les honnêtes gens qui vivent dans ces quartiers. Maintenant, en tant que ministre chargé de la Politique de la ville depuis quelques mois, je passe une consigne systématiquement aux préfets en charge de ces questions, et je le dis à toutes les associations qui sont en partenariat avec l'État : il faut qu'on remette la méritocratie au cœur de nos politiques publiques et l'amour de la République.
Moi j'ai souvent eu cette expression qui m'est parfois reprochée, mais il faut qu'on assume de refaire du prosélytisme républicain, c'est-à-dire aller planter des drapeaux tricolores dans le cœur et dans l'esprit de notre jeunesse. Parce que vous avez une jeunesse qui grandit dans ces quartiers, et ailleurs objectivement, biberonnée par des réseaux sociaux qui leur apprennent tout un tas de choses, mais certainement pas à faire partie de la grande communauté nationale. Et si on veut faire nation, il va falloir aussi leur redonner le goût de la nation. »
Immigration : "Le sujet n'est pas là"
Sans le dire, vous nous dites que ce sont aussi des enfants de l'immigration qui n'ont pas été intégrés. C'est aussi beaucoup ce qu'on a observé dans les images ce week-end.
« Vous avez des gamins qui ne sont pas issus de l'immigration, qui grandissent dans des quartiers populaires ou pas d'ailleurs, et qui aujourd'hui se sentent plus proches d'une communauté, qu'elle soit une communauté d'origine ou tout simplement choisie autour de l'environnement par exemple. Mais je ne fais pas de lien entre l'immigration et les événements de ce week-end.
Mais vous savez combien de policiers sont issus de l'immigration ? Combien de policiers qui ont été victimes des violences ce week-end, de tentatives d'assassinat, sont issus de l'immigration ? Combien de nos infirmières sont issues de l'immigration ? Le sujet n'est pas là. Le sujet, c'est comment on donne l'amour de la France, qu'on soit fils d'immigré ou enfant de France depuis quatre générations. »
"Des parents ont laissé leurs enfants aller piller"
Quand le ministre de l'Intérieur dit qu'on a une perte de contrôle, elle est due à qui cette perte de contrôle ce week-end ?
« Aujourd'hui, vous avez des personnes qui habitent sur notre territoire national qui ne se reconnaissent pas dans notre nation, et c'est un drame. Et oui, de ce point de vue-là, il y a un problème d'assimilation puisque vous avez des enfants de la République qui vont à l'école de la République mais qui ne se reconnaissent pas dans la République, qui ne se reconnaissent pas dans la nation française, et c'est un problème, vous avez raison de le dire.
Pour autant, je considère que d'où qu'on vienne, cette question se pose, et d'ailleurs quel que soit son âge, parce que vous avez aussi des adultes qui ont tenu des propos scandaleux, vous avez des parents qui ont laissé leurs enfants aller piller, et on a même vu des images où des parents pillaient avec leurs enfants. Donc ce combat-là, il est gigantesque, il est devant nous. Mais à titre personnel, ma détermination sera totale. Si j'ai continué la politique après l'attaque de mon domicile, après les émeutes, c'est justement parce que je refuse qu'on baisse les bras et je me dis que ce pays a les fondamentaux pour pouvoir s'en sortir. »