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Qui sont ces "délinquants d'opportunité" qui se sont mêlés aux pillages du 17 octobre ?

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - Qui se cache derrière l’expression « délinquants d’opportunité », que Laurent Nuñez utilise dans le débat public depuis ce 17 octobre 2026. Le profil des premiers condamnés appartenant à cette "catégorie" surprend et parfois détonne.

Le terme de "délinquants d'opportunité" est apparu ce 17 octobre 2026.
Le terme de "délinquants d'opportunité" est apparu ce 17 octobre 2026. (Estelle Solari)

Elle est apparue dès le 17 octobre 2026 au soir par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez : l’expression « délinquants d’opportunité », ces personnes soupçonnées d’avoir profité du désordre des manifestations pour piller des commerces. Mais derrière l'appellation nouvelle et contestée, se cachent des profils hétérogènes.

Une expression née en pleine révolte

Dégradations, incendies et pillages ont éclaté en marge de cette mobilisation sociale contre la vie chère. Très vite, Laurent Nuñez a distingué les violences politiques des actes de pillage. Il est alors question de « délinquants d’opportunité » qui se seraient « greffés » aux cortèges pour cibler des magasins. Le terme n'est en rien pénal, ni officiel : c'est une formule politique, médiatique, spontanément apparue dans les discours relayés.

Darmanin refuse l’adoucissement

Une expression perçue comme tentative "d'adoucir" le délit commis par ces hommes que l'euphorie et le chaos ont poussés au vice. Mais pour Gérald Darmanin, ministre de la Justice, il s'agit, ni plus ni moins, de « délinquants ». La querelle de mots cache un enjeu pénal : il ne faut pas "minimiser" la responsabilité pénale de ceux qui ont participé aux vols et aux dégradations.

Qui sont ces nouveaux délinquants ?

Le profil le plus directement visé par l’expression ? Des groupes relevant de l’ultragauche, notamment, les « black blocs », d'après les autorités, mais les premiers éléments judiciaires montrent au contraire une grande diversité de situations.

Ce sont des Jean-Marie, 30 ans, animateur périscolaire et futur père, auditionné pour pillage d'une boutique Séphora à Perpignan. Ce sont des François, 20 ans, futur guide de montagne poursuivi pour appel au chaos sur les réseaux, contrôlé avec un couteau à Paris. Ou encore, un prof d'EPS qui encoure 5 ans de prison pour jets de projectiles ayant blessé un policier.

95% d'hommes, poussés par le chaos social

Des profils hétérogènes, auxquels Gérald Darmanin trouve tout de même, une caractéristique commune : les interpellations concernent à 95% des hommes et 70%, des adultes. La plupart des interpellés n’avaient aucun casier judiciaire.

Le terme de "délinquants d'opportunité" désigne donc moins une catégorie politique qu’un faisceau de circonstances. La colère sociale, le chaos urbain, l’impulsion du groupe et, pour certains, le simple calcul d’une occasion à saisir. C’est justement cette hétérogénéité que l’expression tente de regrouper en une seule formule.

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