À quelques jours de la mobilisation du 24 octobre censé être l'Acte 2 après les violences urbaines inédites du week-end dernier, le gouvernement muscle son dispositif. Emmanuel Macron préside ce jeudi matin un nouveau conseil de sécurité, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et des services de renseignement, afin de détailler l'organisation policière prévue.
Des commandes multipliées par dix
Plusieurs renforts sont déjà connus : le GIGN, le RAID et la BRI seront déployés sur le terrain, avec des hélicoptères, des canons à eau et des véhicules blindés. Les militaires de l'opération Sentinelle assureront également des missions de surveillance et de sécurisation statique afin de libérer policiers et gendarmes pour le maintien de l’ordre. Au total, environ 80 000 personnes devraient être mobilisées.
Malgré ce dispositif exceptionnel certains commerçants ne semblent toujours pas convaincus. Beaucoup se dirigent donc dans les armureries, déterminés à se défendre eux-mêmes. Au micro de Sud Radio, Yves Gollety, patron d'une armurerie de la capitale, affirme que les commandes ont été multipliées par dix.
Des commerçants « pratiquement traumatisées »
Et, selon lui, la clientèle a changé de visage en quelques jours. « Les personnes qu'on a vues sont pratiquement traumatisées. Des commerçants étaient sur place, donc ils veulent s'équiper pour leur sécurité déjà personnelle » décrit-t-il, expliquant que « ce n'est pas tellement de l'auto-défense, c'est surtout pour se protéger ».
L’armurier constate « pratiquement exclusivement » des achats de « bombes de défense » et « des appareils qui vont lancer du gaz ». Cette ruée à l’armement commence même déjà à produire ses effets sur l'approvisionnement. Certaines bombes lacrymogènes et matraques télescopiques sont déjà en rupture de stock dans plusieurs armureries.