Avant le début de la guerre en Iran, le baril tournait autour de 70 dollars. En quelques jours, il a franchi la barre des 100$, porté par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz. On pourrait croire à un pic … mais on est encore loin des records. Depuis plus de 50 ans, le pétrole réagit aux crises du monde. Alors, sommes-nous vraiment à un niveau exceptionnel ? Pour le comprendre, il faut remonter le fil de ses grandes flambées.
Un niveau de prix inédit depuis 2022
Les prix à la pompe repartent à la hausse. En France, le gazole atteint en moyenne les 2 euros le litre, un niveau inédit depuis l’été 2022. Le sans-plomb 95 suit la même tendance, avec une hausse rapide d’une dizaine de centimes en quelques jours. En cause : les tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole mondial. Résultat, le gazole atteint son plus haut niveau depuis plus de trois ans, avec une barre symbolique franchie dans de nombreuses stations-service.
Hausse du prix de l'essence
— Sud Radio (@SudRadio) March 19, 2026
Romina, auditrice de Sud Radio :"On n’en peut plus, on n’y arrive plus ! Mais que fait l’État ? Rien !" #LaVéritéEnFace
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1973 : le premier choc pétrolier, point de bascule
Avant les années 1970, le pétrole est bon marché, le baril vaut la modique somme de 2 dollars. Mais tout change en 1973 avec la guerre du Kippour. Les pays de l’OPEP réduisent leur production et imposent un embargo : les prix explosent et dépassent les 10 dollars. Quelques années plus tard, la révolution iranienne de 1979 provoque un deuxième choc. Le baril dépasse les 20 dollars, puis grimpe jusqu’à près de 40 dollars au début des années 1980 avec la guerre Iran-Irak. Le pétrole devient alors un enjeu géopolitique majeur.
Le pic historique : 147,50 $ en 2008
Depuis, chaque conflit majeur fait bondir les cours. Lors de la guerre du Golfe en 1990, après l’invasion du Koweït par l’Irak, le baril atteint environ 40 dollars. Mais la flambée la plus spectaculaire, elle intervient en 2008, avec un record historique : 147,50 $ ! Plus récemment, en 2022, la guerre en Ukraine a fait grimper le baril jusqu’à environ 139 dollars. Avec à chaque fois, le même mécanisme : tensions sur l’offre et incertitudes sur les marchés.
Le prix normal du baril ?
Avant cette nouvelle flambée, le baril tournait autour de 70 dollars. En temps normal, il évolue le plus souvent entre 60 et 90 dollars. Mais cette “normalité” reste très fragile. Le pétrole réagit au moindre choc. Une décision de production, une tension au Moyen-Orient ou un blocage du trafic maritime… et les prix s’emballent en quelques jours. À l’inverse, quand l’économie ralentit, ils peuvent chuter tout aussi vite.
20$ le baril lors de la crise du Covid
Le passage au-dessus des 100 dollars marque donc un tournant, avec des conséquences directes pour les consommateurs. Par exemple, en 2022, la guerre en Ukraine s’est immédiatement ressentie à la pompe : le litre est passé d’environ 1,60 euro à plus de 2 euros en quelques semaines. Mais ces chiffres restent encore en dessous des records historiques.
À l’inverse, le marché peut aussi s’effondrer, comme en 2020, lorsque le baril est tombé autour de 20 dollars. C’était lors de la pandémie de Covid-19. Avec les confinements, l’économie mondiale était presque à l’arrêt : les avions ne volent plus, les voitures roulent très peu, les usines tournent au ralenti… Résultat, la demande de pétrole chute brutalement.