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Cartes grises et simplification administrative : pour le meilleur et pour le pire

Par Aurélie Giraud

La dématérialisation des cartes grises a facilité les démarches. Mais entre les dossiers qui se bloquent, les services payants et les risques de fraude, le système montre aussi ses failles.

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La dématérialisation a simplifié les demandes de carte grise, mais les dossiers bloqués restent problématiques.

Tous les présidents et Premiers ministres ou presque ont promis de simplifier les démarches administratives. Avec la carte grise en ligne, la promesse semble tenue : plus besoin de se déplacer, tout peut se faire depuis chez soi. Mais dès qu’un dossier rencontre un obstacle, la simplification peut rapidement se transformer en parcours du combattant. Qu’est-ce qui cloche ?

La carte grise en ligne, un vrai progrès… quand tout fonctionne

Il faut d’abord reconnaître le bon côté de la dématérialisation. Pouvoir demander sa carte grise depuis son domicile constitue un vrai progrès. Avant la dématérialisation, il fallait se déplacer en préfecture, faire la queue parfois pendant des heures et présenter son dossier au guichet. Et lorsqu’un document manquait ou qu’une pièce n’était pas conforme, il fallait revenir.

Aujourd’hui, la démarche est beaucoup plus simple. Sur le site de l’ANTS, l’Agence nationale des titres sécurisés, l’automobiliste renseigne les informations concernant son véhicule et la transaction, transmet les documents demandés et effectue sa demande en ligne. Lorsque tout fonctionne, quelques démarches suffisent et la carte grise est ensuite envoyée par courrier. Certaines formalités peuvent même être réalisées depuis un téléphone grâce à l’application Simplimmat. Sur ce point, la dématérialisation a bel et bien simplifié la vie des automobilistes.

Des dossiers bloqués et une porte ouverte aux fraudes

Mais lorsqu’une demande de carte grise rencontre un obstacle, les choses peuvent devenir beaucoup plus compliquées. Les échanges de documents s’enchaînent, le dossier peut traîner et l’usager se retrouve parfois à chercher une solution pendant des semaines, voire des mois. La simplicité du tout-numérique devient alors beaucoup moins évidente lorsqu’on a besoin d’une intervention humaine pour débloquer une situation particulière.

Reste la possibilité de passer par un professionnel habilité pour effectuer les démarches. Mais cette solution est payante, alors que l’automobiliste peut normalement accomplir lui-même sa démarche en ligne. Plus préoccupant, le système d’habilitation accordé à certains professionnels de l’automobile a également ouvert la porte à des fraudes. La Cour des comptes a alerté sur la circulation de véhicules disposant de documents frauduleux et sur des pratiques permettant notamment à certains conducteurs d’échapper aux contraventions. La simplification administrative présente donc un paradoxe : quand l’ANTS fonctionne, la démarche est rapide et beaucoup plus confortable. Mais quand la machine se grippe, l’usager mesure immédiatement les limites d’une administration devenue presque entièrement numérique.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

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