Michel Onfray : "Emmanuel Macron est dans l’imposture"

Emmanuel Macron a enfin annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de mai prochain. Après une lettre aux Français, le chef de l’État a tenu hier une première réunion de campagne, à Poissy dans les Yvelines. Pour parler du candidat à sa réélection, le philosophe Michel Onfray était l’invité de “Bercoff dans tous ses états" pour son livre "Foutriquet, un pamphlet sur le président-candidat Macron", aux éditions Albin Michel.

Michel Onfray
Michel Onfray, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

C’est officiel. Emmanuel Macron se présentera bien à l’élection présidentielle du mois de mai prochain. Une candidature qui n’est guère une surprise. Mais certains grincent déjà des dents. Dans son dernier livre, Foutriquet, Michel Onfray signe un portrait particulièrement irrévérencieux du chef de l’État, candidat à sa réélection. Le bilan que le philosophe tire du quinquennat Macron est sans concession.

"Des parodies d’élection" pour Michel Onfray

Pour Michel Onfray, Emmanuel Macron est Foutriquet. Mais qui est ce Foutriquet ? Dans la littérature, il s’agit d’un surnom employé par l’écrivain communard Jules Vallès, pour définir le président Adolphe Thiers. Dans la langue française, il s’agit d’une vieille insulte définissant une personne incapable, insignifiante. Le ton du dernier livre de Michel Onfray est donné. "Foutriquet lui va bien", explique-t-il au sujet d’Emmanuel Macron.

Dans son livre, Michel Onfray rappelle que deux tiers des Français ne sont pas allés voter aux municipales de 2020. Pour le philosophe, la France est devenue folle. "Les gens ont compris qu’il s’agissait de parodies d’élection. On sait que le candidat qui sera élu en mai sera un candidat du camp maastrichien. Ce sera sans doute Emmanuel Macron. Peut-être Valérie Pécresse. Mais sûrement pas Marine Le Pen ni Éric Zemmour. Tout est fait pour que l’on débouche sur cette solution-là", ajoute-t-il au micro d’André Bercoff.

L’autopsie du "en même temps"

Dans son pamphlet à l’encontre d’Emmanuel Macron, le philosophe établit l’autopsie du "et en même temps". "C’est le signe d’une schizophrénie. On ne peut pas revendiquer une chose et son contraire, ce n’est pas possible. C’est l’un ou l’autre. Pas l’un et l’autre. C’est un attrape-gogo qui a marché. Beaucoup de gens se sont dits que cela changeait des sectaires de droite et de gauche. On a un personnage qui se présente comme l’homme de la synthèse, au-delà de tout ça", lance-t-il sur Sud Radio.

Pour Miche Onfray, Emmanuel Macron est "l’homme de tout et son contraire". Ce qu’il lui reproche, c’est notamment ce manque de cohérence. "Un moment donné, on a besoin d’une identité. Et une identité, ce n’est pas tout et son contraire. Le 'en même temps', c’est une pathologie. Vous ne pouvez pas être marié et célibataire en même temps. À un moment donné, l’identité ça existe. La souveraineté est indivisible", précise-t-il, comparant Macron à un malade, au sens médical du terme.

Pour Michel Onfray, Emmanuel Macron est arrogant

Indépendamment de ça, Michel Onfray s’attaque aussi au caractère d’Emmanuel Macron. "Il y a quelque chose de très méprisant chez lui. Très arrogant. Très prétentieux. Ne supportant pas l’opposition. Quand il a émergé, Emmanuel Macron avait tout le monde avec lui. Sauf quelques-uns. Zemmour, Finkielkraut et moi-même. Il a nommément dit que c’était insupportable d’entendre ces trois personnages-là. Il a le droit de ne pas nous aimer. Mais un chef d’État qui a la totalité des pouvoirs, qui n’accepte pas que les intellectuels soient un peu rigolards, voltairiens avec lui, laisse paraître une rigidité chez ce personnage. Il y a d’un côté, les Français qui lui sont utiles, l’argent, la banque, la finance, les journalistes, les people, les gens importants", rappelle Michel Onfray. Et les autres.

Pour ce dernier, Emmanuel Macron est "un personnage qui est dans la duplicité, dans l’imposture. Il dit une chose et son contraire". Il ajoute à cela le côté séducteur du président. "Tout ne glisse pas sur lui. Il déteste ne pas plaire. Tous les gens qui l’ont rencontré ont parlé de son formidable pouvoir de séduction. Il donne l’impression que quand il dit trois mots à quelqu’un, il n’y a plus qu’eux dans l’univers. Mais quand il n’a pas réussi à séduire quelqu’un, il semblerait qu’il entre dans une colère noire", conclut-il. Arrivera-t-il à séduire une seconde fois les Français ? Réponse en mai prochain.

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.