Après plusieurs mois de fermeture quasi totale, le point de passage de Rafah, au sud de la bande de Gaza, rouvre progressivement. Dans un premier temps, seules 50 personnes par jour seront autorisées à rejoindre la Palestine et 50 autres à la quitter. Une phase pilote, encadrée par des contrôles sécuritaires renforcés puisque le secteur de Rafah reste sous présence militaire d'Israël. Un voisin israélien qui maintient la pression, après avoir procédé samedi à des frappes aériennes ayant causé la mort de 28 personnes.
Rafah, point centrale de la survie à Gaza
Malgré tout, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié cette réouverture « d’étape positive et concrète » du plan de paix en cours. « Pour les malades et les blessés de Gaza, la réouverture est une bouée de sauvetage », a-t-elle souligné, rappelant que la mission civile de l’Union européenne est déployée sur place pour superviser les opérations de passage.
Pour rappel, il s’agit de la seule ouverture de Gaza ne donnant pas un accès direct à Israël. Rafah est donc la place centrale dans la survie des Palestiniens, étant le premier point d’entrée et de sortie pour les organisations humanitaires.
Une réouverture sous contrôle maximal
À noter que la reprise du trafic s’accompagne de restrictions sévères. Les autorités israéliennes exigent désormais une « autorisation sécuritaire préalable » pour toute entrée ou sortie de Gaza, en coordination avec l’Égypte et sous supervision européenne. Les Palestiniens autorisés à passer ne peuvent emporter qu’un nombre très limité d’effets personnels, sans objets métalliques ni électroniques, et avec des quantités strictement encadrées de médicaments.
🔴 #Netanyahu interdit 37 ONG dans la bande de #Gaza et en Cisjordanie
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🗣️ Rost : « Cette décision est scandaleuse. Le plan de paix n’est pas non plus respecté et ce qui se passe en Cisjordanie est une honte absolue »
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MSF contrainte de quitter Gaza
Malgré cette maigre réouverture, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé être forcée de cesser ses activités à Gaza d’ici au 28 février. En cause, le refus de l’ONG de transmettre aux autorités israéliennes la liste détaillée de ses employés palestiniens. Israël affirme que deux membres du personnel auraient des liens avec des groupes armés. Une accusation rejetée par MSF.
Sa directrice générale, Claire Magone, dénonce « un contexte général d’étranglement de l’aide humanitaire ». Médecins sans frontières dit avoir été placée « devant un choix impossible » : livrer des données sensibles sans garanties de sécurité ou abandonner ses opérations médicales.
Une société « complètement détruite »
Seulement, Claire Magone estime que « les Palestiniens ont un besoin énorme d’aide, puisqu’ils sont désormais complètement dépendants de l’aide extérieure ». Elle décrit notamment une société « complètement détruite ».
Depuis le 7 octobre 2023, plus de 70 000 personnes auraient été tuées à Gaza, dont 1 700 membres du personnel de santé, selon les autorités sanitaires locales. De son côté MSF compte environ 1 000 employés palestiniens sur place et explique disposer de stocks médicaux limités.
Médecins sans frontières affirme rester « ouverte à discuter » avec les autorités israéliennes, tout en appelant « tous les États » à faire pression pour garantir l’accès humanitaire à Gaza, rappelant les obligations d’Israël au regard du droit international humanitaire.